France : feu «fixé» en Gironde, «contenu» dans le Var
Le mégafeu de Gironde est désormais fixé et ne progresse plus, ont annoncé samedi les autorités après dix jours de lutte contre les flammes. Dans le Var, un autre incendie reste contenu, mais le risque de départ de feu demeure très élevé samedi de 16h à 22h.
(Keystone-ATS) En Gironde, parmi les 224’000 personnes évacuées «au plus fort de la crise», 208’000 au total ont été autorisées à retourner chez elles, dont 10’750 samedi, a précisé la préfète de ce département, Sophie Brocas, lors d’une conférence de presse.
A près de 600 km de là, dans le Var, les pompiers ont contenu la progression d’un nouvel incendie – qui a débuté vendredi et parcouru environ 1500 hectares dans le massif du Gros Bessillon -, mais ce foyer était encore «actif» samedi avec de prochaines heures «à haut risque».
Quelque 2500 personnes ont été évacuées vendredi soir de cette zone. Samedi, un après-midi périlleux a débuté pour les 1500 pompiers mobilisés sur ce sinistre car «le vent va devenir de plus en plus important», a prévenu Eric Grohin, le patron des pompiers du Var.
«Cinq, six, sept jours de vent avec des situations extrêmes en termes de canicule et en termes d’hygrométrie, je n’avais jamais vu en huit ans ici», a souligné M. Grohin.
A Montfort-sur-Argens, village varois de 1400 habitants proche des flammes, «90% de la surface boisée et naturelle a disparu», se désole le maire Philippe Chuyen. «C’est un peu la désolation», mais «le combat continue», a ajouté l’édile. Le centre du village reste confiné samedi, mais l’eau et l’électricité ont été rétablies, et la route départementale est de nouveau praticable pour les secours.
C’est le quatrième brasier d’ampleur qu’affrontent les pompiers depuis le 19 juillet dans le centre du Var, territoire de vignes, champs d’oliviers et villages de pierre claire typiques. Les largages d’eau au-dessus du village se poursuivaient par alternance entre Canadair et hélicoptères, a constaté l’AFP.
Des renforts sont arrivés avec 1500 sapeurs-pompiers mobilisés, six hélicoptères bombardiers d’eau, huit Canadair et deux Dash.
«Volontaire pour aider aux travaux»
Dans les environs de Bordeaux, seules quelques communes restent vidées de leurs habitants. La plupart des évacués ont pu rentrer chez eux. Comme à Andernos, au bord du bassin d’Arcachon. Samedi matin, les rues y semblaient encore bien vides, mais les commerces reprenaient vie. «J’en reviens pas que vous soyez ouverts!», s’est enthousiasmé un client en passant la porte d’une boulangerie à l’entrée de la ville.
«Pour nous, la saison est terminée», déplorait cependant Christine Marrot, qui tient la crèmerie du marché couvert. Selon elle, les vacanciers ne reviendront pas avant la mi-août, minimum.
Pour les locaux, toutefois, la vie reprend. Le parking d’un supermarché tout juste rouvert fait déjà quasiment le plein. «Il faut bien manger!», lance Didier Bacquey, mécanicien de 58 ans, chargeant son coffre de victuailles et de packs d’eau. En rentrant chez lui, il raconte avoir d’abord «aéré la maison car ça sentait quand même un peu le brûlé».
L’étape de la reconstruction a déjà commencé, surtout pour les agents d’Enedis, qui gèrent le réseau électrique. «Je viens d’Agen mais je me suis porté volontaire pour aider aux travaux», explique le technicien Xavier Picotto, qui aide à remplacer des poteaux électriques en bois complètement dévastés à Saumos par des poteaux en béton, plus résistants aux futures flammes.
Alors que la phase aiguë de la lutte s’achève, une nouvelle bataille s’engage, qui consistera à surveiller les «feux zombies», braises couvant sous terre plusieurs mois.
Pour sécuriser les zones ravagées, les forestiers devront par ailleurs abattre les pins calcinés ou fragilisés, et évacuer le bois. Et la préfète Sophie Brocas a promis d’accélérer le passage des experts en assurances pour les sinistrés.
Le trafic SNCF, interrompu depuis le 26 juillet au sud de Bordeaux, a repris samedi à l’occasion du week-end de chassé-croisé des vacanciers.
Les professionnels de l’hôtellerie et de la restauration ont encouragé les touristes à revenir en Gironde et dans les Landes, notamment pour «soutenir les professionnels».
«Pas de morts»
Les autorités dénombrent toujours 240 habitations détruites par ce feu, le plus dévastateur en France depuis 1949, même si ce bilan doit encore être consolidé.
«Il n’y a pas de morts, il n’y a pas de blessés, sauf du côté des sapeurs-pompiers», a déclaré Sophie Brocas. Plus de 330 pompiers ont été pris en charge médicalement, selon la préfète.
Au total, 119’000 hectares ont été parcourus depuis le début de l’année en France par les incendies, un phénomène facilité par la sécheresse, elle-même accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.
Sur la France entière, 308 personnes ont été interpellées, dont 33 incarcérées, dans le cadre d’enquêtes.