
France: la motion PS du gouvernement arrive en tête
(Keystone-ATS) Le chef de file des «frondeurs» du Parti socialiste français, Christian Paul, a reconnu la défaite de la motion qu’il défendait dans la perspective du congrès du PS début juin. C’est la motion du premier secrétaire sortant, Jean-Christophe Cambadélis, qui a gagné.
M. Paul a néanmoins estimé qu’il y avait au sein du PS une «majorité d’idées» en faveur d’une réorientation de la politique du gouvernement et confirmé qu’il serait candidat face à M. Cambadélis le 28 mai, lorsque les militants du parti seront invités à se choisir un premier secrétaire.
Après plus d’un an de guérilla menée par l’aile gauche du PS contre le gouvernement, les militants du PS ont voté à plus de 60% en faveur de la motion «loyaliste» présentée par M. Cambadélis.
Celle des «frondeurs», la «B», a obtenu de 27 à 30% des voix, les deux autres textes d’orientation en lice se partageant le reste, a dit vendredi matin à Reuters le secrétaire national du PS aux élections. Le taux de participation a atteint 55 à 56% des 132’000 militants, a précisé Christophe Borgel.
«Soixante-trente, c’est grosso modo proche, sans doute, du résultat définitif», a déclaré vendredi matin Christian Paul sur RTL, après ce scrutin interne censé définir l’orientation du principal parti de la majorité parlementaire pour les prochaines années.
Parti «réveillé»
Il a estimé que le vote s’était passé dans des conditions «impeccables» dans «l’immense majorité des sections» du PS. «Il y a eu également, et je le regrette, des irrégularités dans un certain nombre de fédérations et nous avons la journée pour clarifier tout cela», a-t-il cependant ajouté.
Ce proche de Martine Aubry a estimé que les «frondeurs» et l’aile gauche du PS avaient, avec leur motion, «réveillé» un parti «en hibernation depuis trois ans». «Ce qui est flagrant, c’est qu’il y a une majorité d’idées pour demander des réorientations», a-t-il poursuivi.
Il en a tiré la conclusion qu’il fallait tourner la page de la «fronde» de la quarantaine d’élus socialistes qui ont refusé de voter des textes gouvernementaux, comme celui du ministre de l’Economie Emmanuel Macron sur la croissance et l’activité.
Satisfaction et soulagement
Le score final constitue une satisfaction et un soulagement pour l’entourage du chef de l’Etat. «Il peut construire quelque chose à partir de cela pour la prochaine étape», estime un proche de François Hollande, pour qui les frondeurs vont aussi devoir tirer un trait sur une primaire pour 2017.
Pour François Miquet-Marty, de l’institut de sondages Viavoice, les frondeurs, avec moins d’un tiers des votes, ont échoué à renverser la table et l’autorité du président sort confortée du vote. «On a la définition d’un rapport de force qui est nettement favorable à la ligne Hollande-Valls», estime l’analyste, pour qui «cela facilite l’idée d’une candidature Hollande en vue de 2017».