Fribourg: pas de sauvetage de Cremo via une intervention de l’Etat
En difficulté, Cremo ne pourra pas compter le cas échéant sur l'Etat de Fribourg pour sortir de l'ornière. Le gouvernement incite le Grand Conseil à rejeter un mandat demandant la création d’une commission chargée de proposer des mesures pour éviter une déconfiture de l'emblématique groupe laitier.
(Keystone-ATS) Le Conseil d’Etat n’entend donc pas s’immiscer dans un éventuel sauvetage de Cremo, présidé depuis 2023 par l’ancien ministre cantonal Georges Godel, 74 ans. Le mandat, signé par dix députés, avait été déposé en février dernier, dans un contexte où les Fribourgeois se montrent inquiets de l’avenir du fleuron industriel.
En cas d’aval du Grand Conseil, la commission serait chargée d’identifier l’impact d’une éventuelle faillite de l’entreprise de Villars-sur-Glâne, mais aussi d’émettre des propositions d’actions. Pour l’exécutif, le canton doit éviter de s’immiscer dans les affaires d’une société privée, active sur un marché concurrentiel.
Suivi vigilant
Une telle issue créerait, à ses yeux, un «dangereux précédent». Ce n’est d’ailleurs pas sa mission et il «ne dispose d’aucune compétence en matière de production comme de commercialisation industrielle», écrit le Conseil d’Etat dans une réponse passablement attendue dans les milieux politiques et économiques.
Des réflexions sont toutefois en cours quant à un possible soutien à l’investissement industriel «sur la base des outils existant dans les politiques économique et agricole comme des subventions, des prêts ou des cautionnements», avance le gouvernement, qui dit suivre la situation «avec la plus grande vigilance».
Sixième perte
De son côté, Cremo «a signifié de manière transparente sa crainte d’une ingérence de l’Etat dans ses affaires, par le biais d’un plan d’assainissement ou de solutions parallèles qui mettraient à mal la crédibilité et l’existence même de son propre plan», a relevé le quotidien La Liberté, en rapportant aussi la réponse de l’exécutif.
Le problème réside dans le fait que Cremo, et ses 650 employés, ne parvient pas à redresser la barre. Le groupe a creusé sa perte à 17,1 millions de francs en 2025, contre 16,9 millions lors de l’exercice antérieur, essuyant un sixième débours de rang. Le chiffre d’affaires a reculé de 6,1% pour s’établir à 473,6 millions.