300 000 gestes de solidarité
Le Fonds suisse en faveur des victimes de l'Holocauste livre son rapport final. Il a versé quelque 295 millions de francs à 312 000 survivants.
Ces bénéficiaires sont essentiellement des survivants juifs (255 078). Le reste de l’aide est allé, dans sa majorité, à d’anciens détenus des camps de concentration, persécutés pour des motifs politiques, ainsi qu’à des membres des communautés Rom, Sinti et Jenisch.
Agés et souvent seuls, ces bénéficiaires habitent, dans leur majorité, en Israël, en Europe de l’Est, dans l’ancienne Union soviétique ou encore en Amérique du Nord. En Suisse, 81 survivants ont touché de l’argent.
La compassion avant tout
D’ailleurs, ce geste n’a rien à voir avec une réparation, comme le précise Rolf Bloch. Au contraire, il exprime la compassion et la solidarité de la Suisse envers des victimes survivant dans des conditions précaires. C’est aussi un signe de gratitude des Suisses pour avoir échappé aux terribles persécutions nazies.
La compassion et la solidarité avant tout, donc. Une compassion exprimée à plus de 300 000 survivants. A l’occasion de son rapport final, présenté jeudi à Berne, le Fonds a voulu mettre en lumière le visage des personnes qui se cachent derrière ces chiffres.
Pour cela, le rapport est complété d’un deuxième ouvrage. Après un bref éclairage du contexte historique, ce livre présente les témoignages personnels et les photos de plusieurs bénéficiaires.
Stefan Kozlowski, résistant polonais, Barbara Przybylska, victime polonaise du Dr Mengele, Michail Lwowitsch Rybtschinski, Juif d’Ukraine et soldat soviétique durant la guerre, Pierre Seel, homosexuel français, Anna Mettbach, Tsigane née en Allemagne… Tous leurs récits sont poignants. Et, certainement aussi, d’une grande valeur historique.
La reconnaissance des souffrances endurées
En moyenne, ces rescapés ont reçu moins de 1000 francs par personne. Cette somme peut paraître dérisoire. Elle a permis aux bénéficiaires d’acheter des médicaments, des cadeaux pour leurs proches…
Mais les victimes ont été très touchées par la reconnaissance des souffrances endurées. Ce d’autant plus que certaines personnes ont été reconnues pour la première fois comme des victimes.
Pour preuve, les lettres de remerciement que le Fonds a reçues. Et dont certaines ont été publiées dans son rapport final. On peut notamment y lire: «il est touchant de constater que votre fondation s’est souvenue d’une jeune fille polonaise qui a souffert dans le passé et qui n’avait jamais osé rêver que l’on se souviendrait des douleurs qui lui avaient été infligées.»
Pour mémoire, le Fonds suisse en faveur des victimes de l’Holocauste a été créé par le Conseil fédéral en février 1997, en pleine affaire des avoirs en déshérence. Il a été financé par les banques, d’autres entreprises suisses et la Banque nationale. Sa mission achevée, il sera dissout le 31 juillet prochain.
swissinfo/Caroline Zuercher
Les publications peuvent être commandées auprès de: OFCL, Diffusion publications, CH-3003 Berne, No. d’art. 601.036f (Rapport final) et No. d’art. 601.035f (Vies et visages de victimes de l’Holocauste).
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