La logique de guerre est sans issue
La paix entre Israéliens et Palestiniens passe par le dialogue et une solution politique. L'avis de Pierre Hazan, journaliste et écrivain d'origine juive.
Depuis des mois, le sang n’arrête pas de couler au Proche-Orient. Chaque jour, on découvre, avec effroi, la perpétuation du cycle de la violence: l’occupation israélienne, les commandos suicide palestiniens qui se font exploser au milieu de civils israéliens, les mesures de représailles.
Apparemment, le Premier ministre israélien Ariel Sharon aurait approuvé un plan «d’enveloppement de Jérusalem» qui, par le biais d’une muraille de 11 km de long au sud de la ville, protégerait la population israélienne des attentats.
Mais toutes les murailles du monde ne parviendront pas à masquer un simple fait: la meilleure sécurité et, sans doute, la seule vraie sécurité pour les peuples israélien et palestinien consiste en un traité de paix.
Les dirigeants israéliens et palestiniens mènent depuis des mois une guerre d’usure. Les premières victimes sont les civils des deux bords. Or, chacun – y compris le gouvernement Sharon -sait, ou devrait savoir, qu’il ne peut y avoir de solution militaire.
Aucun deux peuples ne va disparaître de la carte. Le peuple palestinien a droit à l’autodétermination. C’est une évidence. La refuser, c’est pousser les Palestiniens, et notamment les plus jeunes, au désespoir. C’est les pousser dans les bras des extrémistes qui se refusent à accepter le droit à Israël de vivre dans des frontières sûres et reconnues.
Car, si le peuple palestinien a effectivement droit à son autodétermination, il est tout aussi impératif que l’Etat hébreu soit reconnu de manière irrécusable par le monde arabe et palestinien en particulier.
Ce n’est pas aux citoyens suisses de se substituer aux négociations. C’est aux dirigeants palestiniens et israéliens d’entendre le besoin de leurs peuples de vivre enfin en paix.
A Taba, quelques jours avant la chute du gouvernement Barak, les négociateurs étaient arrivés à deux doigts d’un accord global. Il est urgent qu’ils reviennent aujourd’hui à la table de négociation afin de substituer à la logique de guerre une logique de paix.
Au lieu de s’entre-déchirer, les diasporas juives et arabes peuvent leur rappeler cette simple évidence.
Pierre Hazan
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