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La main d’Al Quaïda

Pour de nombreux analystes, les auteurs du carnage de Bali sont liés au réseau Al Qaïda, ou en tout cas inspirés par le réseau d'Oussama ben Laden.

Les signaux d’alarme qui l’avaient précédé sautent aux yeux de chacun.

Un soldat américain tué dans un attentat à la bombe aux Philippines; une grenade devant l’ambassade des Etats-Unis à Djakarta; une cellule «terroriste» présumée démantelée en Italie; une attaque contre des Marines américains au Koweït; un attentat présumé contre le pétrolier français Limburg au large du Yémen…

Si l’on fait le lien entre tous ces incidents, une chose paraît certaine: le réseau islamiste Al Qaïda d’Oussama ben Laden reste très actif plus d’un an après les attentats du 11 septembre. Ou alors il a fait des émules capables de frapper avec de terribles effets.

«Pas une surprise»

L’attentat de Bali semble s’inscrire dans cette logique. «Ce n’est pas une surprise. La principale surprise, c’est qu’ils aient mis autant de temps à frapper des intérêts occidentaux», estimait dimanche Andrew Tan, chercheur à l’Institut de la défense et des études stratégiques de Singapour.

«Il faut s’attendre à d’autres attaques», prévient-il, avant d’ajouter: «Ce n’est que le début de ce à quoi nous avons assisté dans beaucoup d’autres pays musulmans du Moyen-Orient.»

Pas de revendication

L’attentat de Bali n’a pas été revendiqué pour l’instant. Bien qu’il ne faille exclure aucune piste dans un archipel instable dont la présidente, Megawati Sukarnoputri, n’a pas que des amis, tous les regards sont tournés vers les extrémistes musulmans.

«Les cellules d’Al Qaïda poussent comme des champignons», soulignait, dès avant l’enfer de samedi, Alan Dupont, du Centre d’études stratégiques et de défense de l’Université nationale australienne.

Des représentants d’Al-Qaïda ont en tout cas formé des membres du groupe islamiste radical Abu Sayyaf, qui sévit dans le sud des Philippines et tient son nom d’un chef moudjahidine qui lutta contre l’invasion soviétique de l’Afghanistan.

Les Philippines, qui ont reçu une aide militaire américaine pour combattre Abu Sayyaf, ont d’ailleurs annoncé qu’elles étaient en état d’alerte et qu’il fallait s’attendre «à tout» après les attentats de Bali.

Décentralisation

«L’attaque coïncide avec des informations selon lesquelles Al-Qaïda aurait décentralisé ses activités pour laisser des groupes radicaux locaux s’en prendre aux Américains», explique Andrew Tan. «Cela semble être devenu le modus operandi d’Al Qaïda. Des radicaux de la région ont donc probablement pensé pouvoir profiter de cette situation.»

Maître de conférences en politique internationale à l’Université nationale australienne, Michael McKinley ajoute que le réseau de ben Laden est ravi de pouvoir laisser ses émules, ou des groupes d’extrémistes avec lesquels il ne partage que des idées, porter son flambeau, tandis que ses chefs tentent d’échapper à une chasse à l’homme en Asie centrale.

Indonésie maillon faible

Cela faisait un certain temps que l’Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde, était considérée comme le maillon faible de la lutte contre le terrorisme en Asie du Sud-Est.

Les Etats-Unis ne sont pas seuls à pointer ces défaillances. Des pays voisins, de la Malaisie à Singapour, n’ont cessé dernièrement d’exhorter Jakarta à s’en prendre au Jemaah Islamiah, accusé de vouloir créer une Etat islamique dans la région, et à son chef présumé, le religieux Abu Bakar Bashir.

Ce dernier a encore eu jeudi des mots durs à l’encontre de Jakarta et de Washington: «Je défends l’Islam. Le gouvernement indonésien, la police et le peuple doivent maintenant décider s’ils défendent aussi l’Islam, ou s’ils préfèrent défendre l’Amérique.»

swissinfo avec les agences

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