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Les évangéliques ont la diplomatie suisse à l’œil

Joseph Deiss a reçu les doléances des évangéliques, appelant à mieux traiter le conflit au Proche Orient. swissinfo.ch

Des mouvements évangéliques suisses demandent au gouvernement fédéral de rééquilibrer ses positions face au conflit israélo-palestinien.

Une délégation des 6200 pétitionnaires a transmis ses doléances à Joseph Deiss, Ministre des affaires étrangères.

Cet «appel à tous les chrétiens de Suisse», lancé par des organisations regroupées sous l’étiquette de «Chrétiens pour Israël», s’en prend à la politique fédérale jugée «anti-israélienne et pro-palestinienne».

«Nous avions plusieurs messages à l’attention de Joseph Deiss» nous explique Christian Waber, lui-même député au Parlement et militant dans les rangs du petit parti de l’Union démocratique fédérale (UDF).

Entre autres, que «le peuple juif est un miracle, il a survécu à des siècles de persécution», que la presse est très subjective dans sa couverture du conflit ou encore que l’aide suisse devrait aller aussi aux victimes israéliennes.

Action diplomatique limitée

Joseph Deiss a reçu cette délégation durant une vingtaine de minutes, il a eu avec elle «un échange ouvert». On ne connaît pas textuellement sa réponse.

Mais un peu plus tard, lors d’un colloque organisé à Berne par la Fondation suisse sur la paix, le ministre devait insister sur le fait qu’aucune solution au conflit ne peut aboutir sans la volonté des deux parties.

S’agissant des efforts de la diplomatie helvétique, il en souligne aussi les limites car la Suisse «ne peut pas résoudre elle-même le conflit». Ce qu’elle peut faire, «c’est de montrer que seules la tolérance et la considération mutuelles permettent d’aboutir à un compromis».

Joseph Deiss essaie d’être objectif, il accepte d’entendre notre point de vue, commente Christian Waber: «la différence entre nous et lui, c’est que nous, nous écoutons la Bible et lui, la politique».

Mais le député de l’UDF se distancie aussi de la droite chrétienne américaine qui, à l’entendre, se soucierait moins de suivre les évangiles que de préserver sa propre façon égoïste de vivre.

Il y a Israël et Israël

Au début de l’année, la Fédération des Églises protestantes de la Suisse (FEPS) avait déjà dit au chef de la diplomatie son inquiétude face à l’escalade de la guerre dans les territoires palestiniens.

Pour elle, la solution ne peut venir que d’une présence internationale qui garantisse le droit à l’existence des Israéliens et des Palestiniens, «et à chacun des deux peuples la sécurité du territoire de son État».

Mais, par contre, pas question pour la FEPS de partager le point de vue de ceux qui défendent une continuité historique entre l’Israël biblique et l’État israélien moderne.

«On ne peut accepter que ce que fait Israël est la volonté de Dieu», nous dit Serge Fornerod, chargé des relations extérieures de la Fédération, qui accepte «les aléas et les douleurs du pluralisme dans le protestantisme».

Pas de paix sans justice

«Nous sommes assez désarmés», reconnaît pour sa part Marc Aellen, porte-parole de la Conférence des évêques suisses, persuadé que les deux peuples peuvent vivre ensemble, «à condition qu’il y ait la justice».

La communauté catholique n’a pas de message particulier à faire passer à la diplomatie suisse sinon celui de s’engager en faveur des populations victimes du conflit et pour la reconnaissance de deux États israélien et palestinien.

Les évêques suisses sont plutôt d’avis que la solution se trouve à Washington. Raison pour laquelle ils ont écrit à George W. Bush en avril dernier pour lui dire qu’une paix durable dans cette région ne sera possible que «quand les causes réelles du conflit auront été éradiquées».

swissinfo/Bernard Weissbrodt

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