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Les Suisses sur les traces de Napoléon

Keystone

Cérémonie officielle jeudi à Paris. Deux cents ans après la signature de l'Acte de Médiation, délégués suisses et français ont redécouvert l'Histoire.

Le cadre était parfait: le Palais du Luxembourg, siège du Sénat de la République.

Les Français ont l’art de la cérémonie, c’est certain…
Jeudi, la délégation suisse a été reçue avec les honneurs militaires et des hymnes napoléoniens dans la Cour de la présidence du Sénat, à Paris. Fastueux.

A l’intérieur, velours rouge et dorures. L’hémicycle du Sénat. Exceptionnellement, les Suisses occupent une grande partie des bancs (en velours rouge aussi).

Quelques gouttes de sang suisse…

«Napoléon est ici chez lui», lance alors Christian Poncelet, président du Sénat. On ne pouvait pas rêver d’un meilleur endroit pour commémorer l’Acte de Médiation. Dans la salle, il y avait d’ailleurs un descendant de Bonaparte.

Mais la grande révélation du jour est venue d’un député français, membre du groupe d’Amitié France-Suisse. Napoléon aurait des origines bâloises, du côté de sa mère. Quelques gouttes de sang suisse!

Au-delà de l’anecdote, il a beaucoup été question d’Histoire pendant les trois heures de discours.

Une lecture nuancée

Et si l’Acte de Médiation a été évoqué avec beaucoup de respect, les orateurs ont aussi rappelé que l’intervention de Napoléon, en 1803, visait à sauvegarder les intérêts français.

Il devait mettre fin aux conflits dans le pays et voulait déployer des soldats pour la conquête de l’Est. Et pour cela, il lui fallait bien sûr de l’argent. Il savait où le trouver…

Cela dit, le président de la Confédération a tenu à souligner l’héritage positif de l’Acte de Médiation. Pascal Couchepin a notamment parlé d’un «acte de sagesse politique».

A Paris, les délégués se sont donc replongés dans le passé. Mais ils ont aussi tenu à célébrer le présent. Et notamment les liens d’amitié qui unissent les deux pays aujourd’hui encore. Une coopération qui pourrait être enrichie grâce à une meilleure compréhension.

La Suisse expliquée aux Français

Le président du Conseil national suisse Yves Christen a ainsi cherché à expliquer la Suisse aux délégués français. En trois minutes, il a fait une sorte d’inventaire ‘à la Prévert’ de tout ce qu’on peut trouver dans ce petit pays si complexe.

Cantons urbains, de montagnes, de collines. Agricoles ou à vocation industrielle. Francophones, alémaniques, italophones, romanches. Protestants ou catholiques. A tradition participative, représentative, plus ou moins centralisateurs, etc.

Autrement dit, un doux mélange difficile à expliquer à une nation de tradition centraliste – comme cela a été dit plusieurs fois.

Napoléon avait donc raison, a rappelé l’historien Jean Tulard: «La Suisse ne ressemble à aucun autre Etat».

C’est quoi ça?

Quant à l’Acte de Médiation lui-même, «les Suisses savent peut-être ce que c’est. Pas les Français», reconnaît Pierre Hérisson, président du groupe d’Amitié France-Suisse à l’Assemblée nationale.

«C’est l’un de nos objectifs de faire connaître cette partie de notre Histoire commune», poursuit le sénateur de Haute-Savoie.

Une étape vers le futur…

Pour l’Europe et pour la France, découvrir le système fédéraliste est particulièrement intéressant aujourd’hui. Il pourrait servir de modèle, ont répété à tour de rôle les orateurs.

L’inverse est juste aussi. Pour le président du Conseil d’Etat saint-gallois, ce sont les Suisses qui doivent apprendre à mieux connaître l’Europe.

D’ailleurs, Peter Schoenenberger annonce que les festivités seront suivies de toute une série de voyages vers Paris.

Après tout, la cérémonie du bicentenaire n’est peut-être pas uniquement symbolique…

swissinfo, Alexandra Richard et Daniele Papacella, Paris

64 délégués suisses ont participé à la commémoration
Parmi eux, le président de la Confédération Pascal Couchepin
Les gouvernements vaudois et saint-gallois se sont déplacés in corpore

-Une soixantaine de délégués des cantons et de la Confédération ont rencontré, au Sénat français, les descendants de Napoléon. Une initiative du canton de Saint-Gall.

-Les représentants suisses sont partis sur les traces de l’Acte de Médiation. Et sur les pas de leurs ancêtres qui s’étaient déplacés à Paris, le 19 février 1803, pour recevoir le texte des mains de Napoléon.

-Un Acte imposé par un pouvoir étranger, mais qui a ouvert la voie vers la Constitution de 1848.

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