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Les ultimatums musclés de George W. Bush

George W. Bush, jeudi soir. ««Les Taliban doivent livrer immédiatement tous les membres du réseau Al-Kaida (la Base), y compris son chef, Oussama Ben Laden.» Keystone

«Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes», a lancé devant le Congrès le président américain aux gouvernements étrangers. Il a surtout adressé un ultimatum au régime des Taliban en place en Afghanistan. Huit mois jour pour jour après son entrée à la Maison Blanche, George Bush s'impose comme commandant en chef d'un pays blessé dans sa chair et son orgueil.

Généralement considéré comme un piètre orateur, George W Bush s’est surpassé devant le défi qui était le sien lors de son discours devant le Congrès: préparer les Américains à la guerre alors que ses compatriotes se sentent plus vulnérables qu’ils ne l’ont jamais été durant leur Histoire.

«Notre pays a été réveillé par le danger et est appelé à défendre la liberté», a déclaré d’emblée le président des Etats-Unis qui n’a pas caché que la menace de nouveaux attentats persiste.

Ce n’est pas une guerre contre l’Islam

Bush a ensuite nommé le danger. Il s’agit, a dit le chef de la Maison Blanche «d’organisations terroristes ayant des liens informels au sein du réseau Al-Kaida dont le but est d’imposer ses points de vue extrémistes». Il s’agit encore d’«un mouvement marginal qui déforme les enseignements de l’Islam et qui veut tuer des Chrétiens et des Juifs, des Américains, y compris des civils, des femmes, des enfants».

Pour autant, le Président américain souligne que la guerre contre le terrorisme n’est pas une guerre contre l’Islam. «L’ennemi, ce n’est pas nos nombreux amis arabes et musulmans, mais c’est un réseau extrémiste de terroristes et tous les gouvernements qui le soutiennent», dit-il.

George Bush accuse d’ailleurs les terroristes islamistes d’être «des traîtres a leur propre foi qui essaient de prendre l’Islam en otage». Dénonçant «les simulacres de piété» des terroristes, il compare leur idéologie au fascisme, au nazisme et au totalitarisme.

Aucune négociation ni aucune discussion

La guerre que M. Bush déclare en réponse aux attentats du World Trade Center et du Pentagone «ne consistera pas en une seule bataille, mais en une campagne de longue durée et différente de tout ce que l’Amérique a connu jusqu’ici».

La première phase de cette campagne passe par un ultimatum lancé au régime en place en Afghanistan. Sans jamais prononcer le nom d’Oussama Ben Laden de tout son discours, M. Bush demande en effet aux Taliban de «livrer immédiatement tous les membres du réseau Al-Kaida» et précise que cette exigence n’est «ouverte a aucune négociation ni aucune discussion».

Le président américain «condamne le régime taliban», un gouvernement qui, «non seulement opprime le peuple afghan, mais commet aussi des meurtres à l’étranger en soutenant ce réseau».

Choisir son camp

Pour faire la guerre au terrorisme, M. Bush indique que les Etats-Unis s’appuieront sur l’intégralité de leurs moyens, militaires et autres. «Nous consacrerons toutes les ressources que nous commandons, tous les moyens de la diplomatie, tous les outils des services de renseignements, tous les instruments de la police et de la justice, toute notre influence financière et toutes les armes de guerre nécessaires, au démantèlement et à la défaite du réseau terroriste mondial», déclare-t-il.

Le Président des Etats-Unis invite par ailleurs les autres pays à choisir leur camp. «Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes avec les terroristes», prévient-il, avant d’appeler «les forces de police, les services de renseignements et les systèmes bancaires du monde à coopérer», dans le combat contre le terrorisme.

Enfin, tout en reconnaissant l’angoisse que son peuple vit depuis le 11 septembre, George Bush demande aux Américains d’être «calmes et résolus». Malgré l’ampleur de la difficulté, il veut rassurer ses compatriotes.

«Tant que l’Amérique sera forte et déterminée, elle ne connaîtra pas une ère de terreur, mais une ère de liberté». Et faisant sienne la nouvelle «grande cause» de son pays, le Président américain conclut: «je ne céderai pas, je ne fléchirai pas».

La réplique des Taliban

De leur côté, les Taliban au pouvoir en Afghanistan ont, une nouvelle fois, exclu de livrer le terroriste présumé Oussama ben Laden aux Etats-Unis, a indiqué vendredi leur représentant au Pakistan, cité par l’agence Afghan Islamic Press (AIP).

«Ce n’est pas possible», a déclaré l’ambassadeur du régime afghan à Islamabad, Abdul Salam Zaeef, cité par l’AIP, agence proche des Taliban et basée au Pakistan.

Par ailleurs, à Karachi, la police pakistanaise a chargé vendredi des extrémistes religieux à la matraque lors d’une manifestation anti-américaine. Une coalition de plusieurs dizaines de partis religieux a appelé à des rassemblements ce vendredi dans tout le pays.

Ils entendent protester contre la collaboration des autorités pakistanaises avec les Etats-Unis lors d’éventuelles frappes sur l’Afghanistan accusé d’héberger Oussama ben Laden. La répression de la manifestation de Karachi est le premier signe de violence lors de cette journée de grève nationale.

Marie Christine Bonzom, Washington

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