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Paranoïa israélienne aux Visions du Réel

Avi Mograbi ne s'est pas gêné pour pousser à l'extrême le burlesque dans son film. Avi Mograbi ne s'est pas gêné pour pousser à l'extrême le burlesque dans son film.

A l'enseigne du Festival du cinéma à Nyon, le film «August» brosse le portrait d'un Etat hébreu en proie à la haine, la peur et la violence.

Toute la folie de l’Etat d’Israël se résume dans cette femme qui a perdu son mari, un colon juif, et qui désire recevoir en héritage l’arme qui lui a permis de perpétrer le massacre d’Hébron en 1994, tuant des fidèles musulmans dans le tombeau des patriarches.

La haine, la peur et la violence

Dans son film «August», le cinéaste juif non pratiquant, Avi Mograbi, montre que la vie en Israël est devenue invivable. Ce pays est miné par la haine, la peur et la violence. A la sortie de la séance, on peine à percevoir son avenir.

Et pourtant, Avi Mograbi a tourné son film «August» bien avant la deuxième Intifida. Puisque, pour brosser le portrait de son pays, le cinéaste gauchissant a filmé la vie israélienne au mois d’août 2000. Un mois qu’il déteste. Car il fait très chaud en Israël et les tempéraments sont survoltés.

Partout où Mograbi promène sa caméra, il doit décliner son identité, expliquer pour qui il travaille et quel est son but. Comme à ce poste frontière avec le Liban, où des enfants palestiniens lui jettent des pierres et où des soldats de l’armée israélienne le somment de rebrousser chemin.

Suspicion omniprésente

La suspicion se lit sur chaque citoyen de l’Etat hébreu. La violence se décline dans nombre de situations. Des patients s’invectivent dans une salle d’attente chez un médecin. Des chauffeurs de camions se disputent pour des places de parc.

Avi Mograbi montre jusqu’à quel point la violence surchauffée de la rue peut se répercuter sur la vie intime. Sa femme (qu’il joue lui-même coiffé d’un linge rose) lui reproche de tourner toujours des films négatifs, pessimistes. Que personne ne voudra regarder.

Le fait que le réalisateur Avi Mograbi joue lui-même trois de ses personnages nous paraît décrédibiliser son travail. Mais il vous rétorquera que, de toutes façons, la situation en Israël lui semble tellement ridicule qu’il ne s’est pas gêné de pousser à l’extrême le burlesque dans son film.

Psychologie d’une nation

En fait, plus que de politique ou d’histoire, c’est de la psychologie d’une nation, de ses états d’âme que nous fait part le cinéaste israélien.

Et, finalement, sa toile, violente à souhait, passe d’autant mieux la rampe qu’elle est peinte sous le couvert de la dérision (Mograbi transformiste) et de la futilité (le mois d’août). En regard de l’état de guerre actuel.

swissinfo/Emmanuel Manzi

Visions du réel jusqu’au 28 avril

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