Sans-papiers de Fribourg: pas d’expulsion immédiate
Les occupants de l'église Saint-Paul, à Fribourg, ne seront pas délogés par la force. Pas pour l'instant. Le préfet de la Sarine estime qu'il n'y a pas d'urgence. Lundi, le conseil de paroisse avait transmis l'affaire au préfet après le refus des sans-papiers de quitter l'église.
«Ce ne sont pas des skinheads qui occupent l’église, lance le préfet Nicolas Deiss. Il n’y a pas de violence donc aucune raison d’intervenir de façon musclée. D’autre part, nous sommes en période de vacances. Les paroissiens n’ont pas besoin de récupérer leurs locaux dans l’immédiat.»
Cela dit, le préfet de la Sarine rappelle qu’il s’agit d’une occupation illégale et que la demande du conseil de paroisse est légitime. Lundi, ce dernier avait rompu les négociations et transmis l’affaire au préfet après la décision du collectif de poursuivre son action, entamée il y a plus de 50 jours.
Les sans-papiers respirent
De leur côté, les occupants s’étaient préparés à une intervention surprise de la police dans les prochains jours. Une partie d’entre eux avait quitté la salle paroissiale pour s’installer dans l’église proprement dite.
«Symboliquement, la police hésitera peut-être à user de la force à l’intérieur même de l’église», explique Sandra Modica, du mouvement de soutien aux sans-papiers. Mardi soir, le collectif ne cachait pas son soulagement après la prise de position du préfet de la Sarine.
«Pour nous, c’est une première victoire, se réjouit Gaétan Zurkinden, du Centre de contact Suisses-immigrés (CCSI). Nous n’avons pas cédé à la pression. Cela dit, nous allons rester sur nos gardes.»
Débat public
Aujourd’hui, le débat quitte donc l’église. Il est porté sur la place publique. «C’est important, commente le curé de Saint-Paul, Olivier Humbert. On va alors très vite se rendre compte qu’une intervention policière ne réglera pas le problème.»
Mercredi, le préfet de la Sarine rencontrera le curé de Saint-Paul, l’évêque et les sans-papiers. Autre échéance: le 11 août, le directeur de la police doit rendre sa décision sur la liste des sans-papiers, à savoir quel cas doit être reconsidéré ou non.
Alexandra Richard
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