L’IA s’installe au bureau sans révolutionner la productivité
L'intelligence artificielle (IA) est utilisée par plus de la moitié des salariés d'entreprises en zone euro, mais son impact sur la productivité demeure inégal et de nombreux obstacles freinent encore sa diffusion, selon une note de blog publiée mercredi par la BCE.
(Keystone-ATS) La part des travailleurs utilisant l’IA est passée de 26% en 2024 à 52% en 2026, écrivent dans cette note les économistes de la Banque centrale européenne António Dias da Silva, Marco Wei?ler et Nikoleta Anestiadou.
Fondée sur une enquête mensuelle de l’institut monétaire menée auprès d’environ 20’000 personnes dans onze pays, leur étude montre que les utilisateurs d’IA gagnent en médiane trois heures de travail par semaine, soit près de 8% de leur temps de travail.
Ces gains pourraient être «au moins en partie visibles dans les chiffres agrégés de productivité», qui se redressent depuis plusieurs trimestres dans la zone euro, selon les auteurs.
Toutefois, ces gains sont répartis de manière inégale. Ils sont les plus importants dans la programmation informatique, l’analyse de données ou l’automatisation de tâches répétitives, et plus modestes pour des usages plus courants comme la recherche d’informations ou la rédaction de textes.
Malgré sa progression rapide, l’IA ne fait pas non plus l’unanimité.
Environ un tiers des non-utilisateurs la jugent sans intérêt pour leurs tâches et plus de 40% déclarent ne pas souhaiter l’utiliser, selon la note.
Les inquiétudes sur la fiabilité des outils et le manque de soutien des employeurs figurent également parmi les principaux freins.
«Des obstacles persistent tant du côté des travailleurs que des entreprises», soulignent les économistes.
Ils estiment que les employeurs et les pouvoirs publics devraient renforcer la formation et faciliter l’accès aux outils d’IA afin d’en «exploiter pleinement le potentiel en matière de productivité».
La BCE précise que les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement la position de l’institution.