La situation à Gaza est «injustifiable», déclare Ed Sheeran
La star de la pop Ed Sheeran a assuré que la situation à Gaza était "injustifiable", samedi soir à Philadelphie. Il a affirmé regretter des "erreurs" lors de son premier concert depuis la polémique sur l'éviction de sa tournée du rappeur Macklemore.
(Keystone-ATS) La mise à l’écart lundi, sous la pression de propriétaires de stades américains, de l’artiste qui assurait ses premières parties et a appelé début septembre à «libérer la Palestine» a valu au Britannique un déluge de critiques sans précédent pour un musicien jusque-là très consensuel.
«Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné», a déclaré la star à l’ouverture de son show au Lincoln Financial Field. «J’ai dû prendre des décisions difficiles, je commets des erreurs et j’en suis vraiment, vraiment désolé», a-t-il ajouté, acclamé par son public. L’auteur du tube planétaire «Shape of You» a ensuite donné son concert seul et sans première partie.
A l’heure où un nombre croissant d’artistes prennent la parole sur le conflit à Gaza entre Israël et le Hamas et son lourd bilan côté palestinien (plus de 73’000 morts et 174’000 blessés), l’Anglais de 35 ans avait déjà affirmé sur Instagram mardi «ne pas faire de son métier une plateforme politique».
«Je ne suis pas complice. J’ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. Ce n’est pas parce que je choisis de ne pas m’exprimer publiquement que je n’en ai pas, ou que je ne me sens pas concerné», avait-il ajouté.
Manque de courage
Mais, accusé de ne pas avoir défendu son ami Macklemore et surtout d’avoir manqué de courage pour dénoncer le sort des Palestiniens, l’ancien guitariste de rue devenu l’un des chanteurs les plus streamés de sa génération a été lâché par les autres artistes participant à sa tournée. Parmi ces derniers, le chanteur Finneas, frère de la star Billie Eilish.
Samedi, un collectif propalestinien, la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI), a exhorté les artistes, fans et professionnels à boycotter les concerts d’Ed Sheeran, en tournée sur plusieurs continents.
Des dizaines de manifestants sont regroupés samedi au niveau d’une station de métro, près du lieu du concert d’Ed Sheeran. Certains agitent des drapeaux palestiniens et entonnent «Libérez la Palestine». Des agents de police installés à deux pas dans une dizaine de véhicules surveillent ce rassemblement pacifique, a constaté l’AFP.
«Complicité»
Plusieurs fans de l’artiste britannique interrogés par l’AFP à Philadelphie confient avoir hésité à venir en raison de la polémique. D’autres disent avoir revu leur programme.
Brandon Ateke, étudiant de l’Université Brown âgé de 18 ans, accuse même Ed Sheeran de «complicité» dans l’exclusion de Macklemore: «J’ai décidé de ne pas assisté au concert et, à la place, de participer à la manifestation pour mettre en lumière le génocide qui se déroule aujourd’hui à Gaza».
Des Oscars aux Emmys en passant par les festivals de Cannes ou de Berlin, le conflit à Gaza s’est imposé dans les discussions.
D’autant que, malgré un cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, Israël poursuit ses opérations à Gaza. Depuis lors, elles ont fait au moins 1’300 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.