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Lac Léman: pollution aux microplastiques sous-estimée de 650 fois

Keystone-SDA

La pollution aux microplastiques dans le lac Léman est nettement supérieure aux estimations précédentes. Selon une étude de l'EPFL publiée mercredi, la concentration de ces minuscules particules pourrait être 650 fois plus élevée environ qu'imaginée jusqu'ici.

(Keystone-ATS) Les microplastiques sont des particules de plastique de moins de cinq millimètres, provenant soit de produits manufacturés, soit de la dégradation d’objets en plastique plus gros. On les trouve désormais partout, des océans et des rivières aux sols et à l’air intérieur. Comme la plupart des plastiques se dégradent très lentement, ces particules peuvent rester dans l’environnement pendant des décennies, voire des siècles, rappelle l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans un communiqué.

Bien que les microplastiques plus gros puissent être détectés et classés relativement facilement, les estimations suggèrent que les microplastiques de plus de 100 microns, soit environ l’épaisseur d’un cheveu humain, ne représentent qu’environ 3% des particules plastiques dans l’environnement. Caractériser les particules de moins de 20 microns reste, en revanche, un défi majeur. «Nous devons pouvoir détecter bien en dessous de 100 microns. Sinon, nous ne voyons que la partie émergée de l’iceberg», explique Christel Hassler, ancienne coordinatrice scientifique à l’EPFL, citée dans le communiqué.

Jusqu’à la taille d’une bactérie

Pour améliorer la détection de ces particules très minuscules – représentant donc jusqu’à 97% de la pollution plastique globale du lac -, une équipe dirigée par Christel Hassler et Florian Breider, directeur du Laboratoire central environnement de l’EPFL, a développé une nouvelle technique basée sur l’intelligence artificielle. Elle est capable d’identifier et de classer six types de particules polymères, qui sont de très longues molécules constituées de nombreuses petites unités répétitives liées entre elles, aussi petites que cinq microns ou micromètres (millièmes de millimètre), soit en gros la taille d’une bactérie.

En appliquant leur protocole aux prélèvements d’eau effectués dans le lac Léman et ses affluents, les chercheurs ont découvert que les concentrations de microplastiques mesurant entre 1 et 100 micromètres ont peut-être été sous-estimées de plus de 650 fois, indique l’EPFL, dont la méthode a été auparavant publiée dans la revue NPJ Clean Water.

«Pas une situation alarmante, mais»

Des évaluations réalisées par Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche (Empa) montrent que, parmi les 38 échantillons analysés, environ six dépassent les seuils écotoxicologiques utilisés pour évaluer les risques environnementaux. Christel Hassler considère ces résultats comme un avertissement: «Nous ne sommes pas dans une situation alarmante, mais nous pourrions être à la limite où nous devrions nous inquiéter», résume-t-elle.

«Toute la chaîne alimentaire peut être exposée aux microplastiques. Dans certains cas, il ne s’agit pas seulement de l’accumulation des plastiques, mais aussi de substances tierces, telles que les additifs transportés par ceux-ci», souligne encore Florian Breider, également cité dans le communiqué.

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