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Des Suisses diffusent la propagande d’un groupe terroriste néonazi

Derrière deux boxeurs en plein combat, on aperçoit un drapeau néonazi portant l'inscription « Sang et honneur »
En arrière-plan, le logo de «Blood and Honour», un réseau néonazi mondial. SRF News

Ils prétendent simplement combiner sport et patriotisme. Mais si l'on analyse leur propagande, il est clair que les «Active Clubs» diffusent souvent des idéologies d'extrême droite. Une radicalisation ouverte s'observe depuis peu aussi dans les ramifications suisses de ce réseau international.

Une photo diffusée sur Telegram montre deux jeunes hommes en train de boxer. Leurs visages sont pixélisés. Ceux qui ont envoyé la photo ont toutefois laissé une chose reconnaissable en arrière-plan: un drapeau portant les inscriptions «Blood» et «Honour» (sang et honneur). «Blood and Honour» est l’un des principaux groupements néonazis au monde. On voit également sur le drapeau une tête de mort et «C18» (en référence à «Combat 18», un groupe considéré comme une organisation terroriste). Les deux groupements sont interdits en Allemagne.

Le terme «Active Club» vient des États-Unis. Son théoricien a été libéré en 2024 après une peine de prison et intensifie depuis l’été 2025 la diffusion de sa propagande, selon une étude du Counter Extremism Project (CEP).

La publicité pour les arts martiaux, le fitness et la «fraternité blanche» n’est souvent qu’une façade. En arrière-plan, des milices armées sont parfois mises en place, selon l’étude. Il existe désormais des «Active Clubs» dans de nombreux pays européens.

Leur mentor décrit un réseau de «résistance sans chef» et appelle à la construction d’infrastructures (centres sportifs, logements, magasins propres, manifestations privées) appartenant à des «nationalistes». Pour lui, «l’enracinement dans le monde réel» est plus important que l’attention à court terme.

Selon l’expert du CEP Alexander Ritzmann, il est également important d’insister sur le potentiel de violence des différents groupes. Le théoricien des «Active Clubs» mentionne toujours des références historiques telles que les «chemises noires», ces milices fascistes qui protégeaient leurs chefs et attaquaient les adversaires politiques.

D’autres groupes d’extrême droite se montrent depuis longtemps en Suisse lors d’entraînements sportifs ou de randonnées, mais les autoproclamés «Active Clubs» ne se font remarquer que depuis environ un an.

Selon les recherches de la SRF, quatre à cinq groupes font partie du réseau «Active Clubs» en Suisse. Il existe des ramifications en Suisse romande et au Tessin. Ils portent les noms «Helvetia», «Edelweiss» ou «Romandia». On ne sait pas combien de membres actifs ils comptent.

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Musculation, randonnée, baignade – et salut hitlérien

De nombreux posts montrent des randonnées, des entraînements de musculation et d’arts martiaux, des baignades, des poses devant des monuments. À quoi s’ajoutent des annonces de participation à des manifestations, par exemple à une conférence sur l’extrémisme de droite organisée par les Verts à Saint-Gall – ce qui a suscité l’inquiétude; ou encore un appel à la contre-manifestation à l’occasion du «Carnaval antifasciste» à Lausanne fin mars.

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Lors de ces deux manifestations, aucun extrémiste de droite n’est apparu, pas même en arrière-plan. Après le rassemblement de Lausanne, l’«Active Club» romand a écrit avoir noté qui étaient les «traîtres et les lâches»: «on observe et on n’oublie pas».

La propagande est souvent explicite: on s’affiche avec des t-shirts portant l’inscription «White Race», qui ne désigne manifestement pas une course, mais une race. Dans une vidéo, on voit trois hommes anonymes, la main droite tendue pour faire le salut hitlérien. On peut lire en légende: «Un après-midi de sports et d’activités en plein air avec beaucoup de fascisme! Reste actif, homme blanc».

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Le chercheur en extrémisme de droite Alexander Ritzmann du Counter Extremism Project (CEP) à Berlin observe une radicalisation croissante. Des actes de violence ont été constatés chez plusieurs groupes dans des pays européens, des armes ont parfois été trouvées, ou ils se vantent dans leur propre propagande de s’entraîner au maniement des armes.

Un contact anonyme au sein de l’un des groupes a indiqué à la SRF qu’il ne s’agissait pas d’une milice ni d’un groupe paramilitaire violent.

Un autre groupe, qui se qualifie lui-même de nationaliste, nie également être violent. La création de milices secrètes serait une théorie du complot, selon lui.

Il s’agit de construire une nation au sein de la nation. «Nous nous entraînons, discutons, faisons de la pâtisserie (…), organisons des séminaires sur la culture suisse et renforçons le corps et l’esprit». L’objectif est de créer une «Suisse souveraine et cohérente pour le peuple indigène», peut-on lire dans un «guide pour les journalistes» décrivant la manière dont ils veulent être présentés.

En ce qui concerne la diffusion de la photo avec le drapeau «Blood and Honour», le groupe écrit qu’il collabore avec toutes les organisations dont il partage les intérêts et que l’important est la non-violence.

Tendance à la radicalisation et danger des délinquants isolés

«Ces derniers mois, on a assisté de manière générale à une évolution vers des appels à la violence», explique Alexander Ritzmann. La référence ouvertement affichée à «Blood and Honour» et «Combat 18» en Suisse en est un autre exemple. Ce sont des indices que les autorités de sécurité doivent prendre au sérieux.

La journaliste Anna Bursian, qui enquête depuis des années sur les réseaux d’extrême droite, voit un risque dans la radicalisation des mineurs et des jeunes. «Ce que l’on voit dans les ‘Active Clubs’ sur les réseaux sociaux est parfois imprévisible et il y a un risque que des délinquants isolés commettent des infractions».

Traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/ptur

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