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Finlande – Suisse: deux modèles de défense face aux nouvelles menaces

L'armée finlandaise repose également sur le système de milice. Cependant, alors que la Suisse compte 147 000 soldats, la Finlande peut mobiliser une réserve pouvant atteindre 900 000 soldats.
L’armée finlandaise repose également sur le système de milice. Cependant, alors que la Suisse compte 147'000 soldats, la Finlande peut mobiliser une réserve pouvant atteindre 900'000 soldats. Keystone / Andreas Becker

La situation géographique : avec plus de 1300 kilomètres de frontière commune avec la Russie, la Finlande possède la plus longue ligne de contact directe avec Moscou en Europe. Dans la mer Baltique, le pays mène déjà des opérations contre la « flotte fantôme » russe : des pétroliers naviguant sous de fausses couleurs ont endommagé des câbles Internet sous-marins. Avec près de 340 000 kilomètres carrés, la Finlande est environ huit fois plus grande que la Suisse.

Cela n’empêche pas le ministre de la Défense, Martin Pfister, d’établir un lien étroit avec la politique de défense helvétique. Lors de son voyage en Finlande, il expliquait à la SRF : « Pour la Suisse, cela signifie que nous dépendons nous aussi de câbles de communication posés en mer. Nous faisons partie du monde européen, qui est menacé. »

Le ministre finlandais de la Défense, Antti Haekkaenen, à gauche, accueille le conseiller fédéral suisse et ministre de la Défense, Martin Pfister, à droite, avant une réunion bilatérale le mardi 24 mars 2026 à Helsinki, en Finlande.
Le ministre finlandais de la Défense, Antti Haekkaenen, à gauche, accueille le conseiller fédéral suisse et ministre de la Défense, Martin Pfister, à droite, avant une réunion bilatérale le mardi 24 mars 2026 à Helsinki, en Finlande. Keystone / Andreas Becker

La dimension historique : la Suisse a été épargnée par une attaque de grande ampleur durant la Seconde Guerre mondiale. En Finlande, en revanche, subsiste une forme de mémoire collective de la guerre : celle de la Guerre d’Hiver. L’Union soviétique a attaqué la Finlande en 1939 et 1940, ce qui nourrit encore aujourd’hui un fort esprit de résistance au sein de la population.

En Suisse, selon les sondages, la volonté populaire de se défendre est plutôt faible. « La détermination de la population à prendre soin de sa propre sécurité est essentielle », rappelle le ministre de la Défense, Martin Pfister.

Un point de convergence existe toutefois avec la Guerre d’Hiver finlandaise : le général Carl Gustav Emil Mannerheim, figure emblématique du conflit, avait passé les dernières années de sa vie sur les rives du Léman.

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La politique de sécurité : après l’attaque russe contre l’Ukraine, la Finlande a adhéré à l’OTAN. Depuis 2023, elle en est membre à part entière et a ainsi renoncé à sa neutralité. Le pays coopère par ailleurs étroitement avec les États scandinaves, notamment dans le domaine de la défense aérienne.

La Suisse, de son côté, entend pouvoir se défendre de manière autonome et ne souhaite rejoindre aucune alliance militaire.

Le ministre de la Défense Martin Pfister : « Pour la Suisse, cela signifie que nous dépendons nous aussi des câbles de communication posés en mer. Nous faisons partie de l'espace européen, qui est menacé. »
Le ministre de la Défense Martin Pfister : « Pour la Suisse, cela signifie que nous dépendons nous aussi des câbles de communication posés en mer. Nous faisons partie de l’espace européen, qui est menacé. » Keystone/ANDREAS BECKER

Le budget de la défense : en chiffres absolus, la Finlande ne dépense actuellement pas beaucoup plus que la Suisse, avec environ 7 milliards de francs par an. Mais rapporté à la performance économique du pays, le produit intérieur brut, Helsinki investit 2,4% du PIB dans la défense, soit plus du double de la Suisse. La Finlande prévoit même de porter ses dépenses militaires jusqu’à 5% du PIB.

La Suisse, elle, s’est fixé un objectif d’un pour cent du PIB. Le ministre de la Défense, Martin Pfister, souhaite relever encore ce cap et injecter 31 milliards de francs supplémentaires dans l’armée. Pour financer cet effort, il propose d’augmenter la TVA de 0,8 point de pourcentage.

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L’obligation de servir: l’armée finlandaise repose elle aussi sur un système de milice. Mais tandis que la Suisse compte 147 000 militaires, la Finlande peut mobiliser une réserve allant jusqu’à 900 000 soldats — pour seulement 5,5 millions d’habitants (contre 9 millions en Suisse). Le pays prévoit en outre de relever l’âge de service obligatoire à 65 ans. En Suisse, le service militaire s’étend en règle générale jusqu’à 30 ans.

Peut-on vraiment comparer la situation de la Finlande à celle de la Suisse ? Parmi les membres du Parlement qui accompagnaient la délégation, les avis divergent. À gauche en particulier, on se montre sceptique face à la hausse prévue du budget de la défense suisse. « Notre armée n’a pas simplement besoin de plus d’argent », estime par exemple la conseillère nationale socialiste bernoise Tamara Funiciello. L’armée doit avant tout disposer d’un plan clair sur l’utilisation des fonds. Selon elle, la Finlande, elle, « a un bon plan ».

Le conseiller aux États vert glaronnais Matthias Zopfi rappelle pour sa part que la Finlande attend de la Suisse qu’elle renforce davantage ses capacités militaires. « Quand on voit ce que la Finlande investit dans la sécurité en mer, on peut s’attendre à ce qu’elle souhaite que nous engagions, nous aussi, des moyens supplémentaires dans nos domaines », estime-t-il.

Le ministre de la Défense, Martin Pfister, a lui aussi fait état de telles attentes après une rencontre avec son homologue finlandais. « Ils comprennent notre neutralité, mais souhaitent que nous apportions une contribution encore plus importante », a expliqué le conseiller fédéral.

Texte traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/op

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