Le PLR veut interdire la mendicité par métier à Lausanne
(Keystone-ATS) Le Parti libéral-radical (PLR) a lancé jeudi une initiative pour interdire la mendicité par métier à Lausanne. Le parti a jusqu’au 3 mai pour recueillir 8333 signatures. L’UDC et les commerçants lausannois participeront à la récolte des paraphes.
L’interdiction vise «celui qui exerce la mendicité comme un métier et y consacre beaucoup de temps», a expliqué devant la presse Mathieu Blanc, président du comité d’initiative. «Nous ne nous en prenons pas à ceux qui ont des fins de mois difficiles et demandent quelques francs pour passer la nuit dans un foyer».
Lausanne ne veut pas devenir «la dernière oasis de la mendicité par métier». Le candidat PLR à la municipalité a expliqué que les cantons de Genève, Neuchâtel et Fribourg, la région de la Riviera et des villes comme Zurich appliquent déjà des interdictions.
La mendicité renforce le sentiment d’insécurité, estiment les initiants. «Elle nuit fortement au commerce et au tourisme. Il n’y a pas de semaine sans que les commerçants ne s’en plaignent», a ajouté Martine Fiora-Guttmann, députée et présidente de l’Association des commerçants lausannois (ACL).
Activité planifiée
Pour le PLR, la mendicité par métier est une activité planifiée. Un «chef» répartit les mendiants en différents endroits puis passe à intervalles réguliers pour récolter l’argent reçu des passants.
Les libéraux-radicaux ne tolèrent pas les propos tenus par le municipal de police devant le Conseil communal: «Marc Vuilleumier a dit qu’il n’appliquerait jamais une interdiction de la mendicité», s’est indigné Mathieu Blanc. Pour les initiants, l’expérience de Vevey pourrait être un exemple à suivre.
Avec cette initiative, le PLR pique à l’UDC un thème qui lui est cher. Claude-Alain Voiblet, secrétaire général de l’UDC, confirme que son parti participera à la récolte de signatures. «On ne va pas renier nos positions. Le samedi sur les stands, les gens viennent chez nous pour signer l’initiative. Nous n’allons pas les envoyer chez les PLR», s’amuse-t-il.