Les responsables appellent à un dialogue scientifique direct
(Keystone-ATS) Vivement critiqués dans une lettre ouverte, les responsables du «Human Brain Project» se disent attristés par cette démarche. Ils appellent jeudi dans leur réponse officielle à discuter des problèmes «par un échange scientifique direct».
Mis en cause lundi par une missive signée par des centaines de scientifiques, le conseil d’administration et le comité exécutif du Human Brain Project (HBP) ont diffusé une longue réponse de quatre pages. Ce texte souligne le rôle vital de la neuroscience dans le HBP et entend «clarifier» certaines des questions soulevées.
Passant en revue l’ensemble du projet de simulation informatique du cerveau dirigé par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), la lettre insiste sur la collaboration entre les partenaires scientifiques. Le HBP, dont le budget atteint 1,2 milliard d’euros sur 10 ans, veut exploiter la créativité qui naîtra de l’interaction entre les différentes disciplines.
«Sans contenu réel»
Les responsables du HBP expliquent longuement pourquoi le projet doit, dans un premier temps, se concentrer sur le développement de nouveaux moyens informatiques. Le HBP entend construire une plate-forme ICT (technologie de l’information) qui permettra à tous les chercheurs de collaborer, au-delà des domaines spécifiques de chacun et où qu’il soit dans le monde.
Dans leur lettre ouverte, les critiques du HBP mettent en cause une approche trop étroite et les avantages annoncés, mais peu plausibles, d’une telle simulation informatique. Richard Hahnloser, professeur de neurosciences à l’EPFZ, a parlé notamment «d’un bâtiment plein de promesses, mais sans contenu réel».
Incidence financière
Le HBP est un projet d’intégration de données qui ambitionne de créer un nouveau paradigme avec l’informatique neuromorphique. Il n’y a pas de doute que les sciences cognitives sont vitales pour le Human Brain Project, mais après que les outils informatiques auront été forgés, soulignent les responsables.
Avec cette priorisation des différentes tâches, le HBP a fâché, surtout qu’elle s’accompagne d’une répartition des fonds. La mise en place des instruments informatiques est classée dans le Core Project (CP) avec 50 millions d’euros par an, venant des fonds communautaires.