«C'est particulier de retrouver une proximité physique»

Steckbrief: Daniela Wildisen, 37 Jahre alt, verheiratet, zwei Kinder. Betreibt seit 14 Jahren ein eigenes Coiffeurgeschäft mit 5 Angestellten in Hitzkirch (Luzern). Im Sommer wird sie ihr Geschäft übergeben und eine Familienpause einlegen. Fotostudio Hochdorf, Brigit Willimann

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Avec la crise sanitaire, de nombreux Suisses doivent aujourd’hui improviser — expérience nouvelle pour la plupart d’entre eux. Dans une série, nous vous présentons des personnes qui se battent pour trouver une voie à travers le confinement. Quelles sont leurs craintes? Quels sont leurs espoirs? Depuis lundi, les salons de coiffure ont rouvert. Daniela Wildisen nous racontre son expérience.

Ce contenu a été publié le 01 mai 2020 - 16:41

Depuis le 16 mars, tout tourne au ralenti en Suisse.

Du jour au lendemain, de nombreuses personnes ont fait face à de grands défis. Avec une clientèle très réduite, comment l’exploitant d’un stand de kebab paye-t-il le loyer à la fin du mois? Comment la propriétaire du salon de coiffure verse-t-elle un salaire à ses employés? Ou comment un couple indépendant qui a dû fermer son studio de yoga et de Pilates peut-il encore gagner sa vie?

Certes, la situation en Suisse tend progressivement à revenir à la normale, mais l’art d’improviser restera d’actualité encore de longues semaines.

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«Après des semaines de lutte pour des questions administratives, je suis heureuse de pouvoir à nouveau exercer mon métier. La reconnaissance des gens est immense. Ils sont heureux que nous soyons à nouveau ouverts. Et moi aussi.

Mais hors de question de fonctionner normalement pour l’instant: nous travaillons par roulement, afin que mes cinq employées et moi-même ne fassions que nous croiser et puissions respecter toutes les mesures. La répartition des clients est également très compliquée, car nous ne sommes autorisées qu’à occuper une place sur deux dans le salon. Si nous devions mal planifier, les clients devraient alors attendre dehors sur le trottoir.

Au cours de la semaine précédant la réouverture, j’ai reçu des centaines d’appels téléphoniques. Tout le monde voulait venir se faire couper les cheveux. Nous nous réjouissons d’être maintenant aussi demandées. Mais jusqu’à vendredi dernier, on ne nous avait pas donné de directives concernant les mesures de protection. Si nous n’avions pas organisé nous-mêmes le matériel de protection, reprendre le travail cette semaine n’aurait pas été possible.

Alors que nous nous étions presque habituées à la distanciation sociale, c’est particulier de se retrouver de nouveau physiquement proche des clients. Je n’ai pas peur de la contagion; en revanche, je trouve que nous sommes un peu effrayantes avec nos masques.

«Si nous devions mal planifier, les clients devraient alors attendre dehors sur le trottoir.»

Daniela Wildisen

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En réalité, nous aurions plus de travail qu’il n’en faut en ce moment. Mais les nombreux jours fériés à venir à Lucerne nous font prendre encore plus de retard et exigent encore plus de patience de la part de nos clients. Par exemple, ici à Hitzkirch, nous célébrons la Saint Pancrace, le saviez-vous?

Je suis une personne de nature très positive, mais le confinement m’a miné le moral. Les salaires, les frais... ils ne disparaissent pas. J’ai pu faire une demande de chômage partiel, mais l’argent n’arrivait pas. J’ai donc dû tout payer de ma poche, ça devenait critique. Ma philosophie, qui consiste à faire profiter mes employées du succès de l’entreprise, signifie aussi que les réserves ne sont pas illimitées.

Pour aggraver les choses, j’avais décidé, en décembre, de vendre mon salon l’été prochain. J’ai énormément travaillé ces dernières années et je veux maintenant passer plus de temps avec ma famille. J’ai donc ouvert un petit salon à domicile. En raison de la situation extraordinaire, je ne pourrai probablement pas dire au revoir personnellement à de nombreux clients. Cela me rend nostalgique.

Cependant, la crise a également des aspects positifs. Les gens apprécient à nouveau le commerce local. Je l’ai également remarqué chez moi. Au lieu de commander les meubles pour mon nouveau salon n’importe où, j’ai plutôt fait appel au menuisier local. Je trouve cela génial! En Suisse, nous avons la chance, contrairement à d’autres pays, de bénéficier d’un soutien financier, même si l’administration est très compliquée et qu’il faut beaucoup d’efforts pour obtenir les bonnes informations. Quoi qu’il en soit, je pense que de nombreuses personnes ont un regain d’estime pour notre pays.»

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