Doris Leuthard critique l’OCDE
La Suisse a appris jeudi que l'OCDE projetait depuis une semaine de la mettre sur la liste des Etats non coopératifs en matière de fiscalité. Samedi, la ministre suisse de l'Economie a reproché à l'organisation d'avoir agi dans le dos de Berne.
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a travaillé pour le G20 dans le projet d’inscrire la Suisse sur la liste noire, a déclaré la ministre samedi dans une interview à la radio alémanique DRS. Elle a surtout manqué à son devoir de transparence en n’informant pas Berne.
Pour Doris Leuthard, la démarche de l’OCDE n’est toutefois pas assimilable à du chantage. «Exercer des pressions, cela fait partie de la politique», juge-t-elle. Mais dans ce cas précis, tout s’est déroulé «dans un laps de temps restreint et de manière très concentrée» déplore la ministre.
Pour sa part, le ministre des Finances Hans-Rudolf Merz explique dans le journal Le Temps qu’à la demande des pays du G20, le secrétariat de l’OCDE a, «sans nous en informer», établi un nouveau projet de liste noire le 5 mars dernier.
Et le ministre des Finances d’ajouter que le Conseil fédéral n’avait guère d’autre choix que d’assouplir la pratique helvétique du secret bancaire. Le groupe d’experts mis en place par le gouvernement a d’ailleurs rapidement admis qu’il n’y avait pas d’autre voie, précise-t-il. Il a décidé «à l’unanimité» de se joindre au mouvement lancé au niveau international et suivi par l’Autriche, le Luxembourg, le Liechtenstein et Andorre et Monaco.
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