Les lacs suisses garderont leurs munitions
Les quelque 8000 tonnes de munitions englouties dans des lacs alpins resteront au fond de l'eau. Leur récupération causerait plus de dégâts à l'écosystème, actuellement intact, que le risque représenté par leur présence permanente, a tranché mardi le ministère de la défense (DDPS) au terme d'une étude.
Grâce à des prélèvements d’échantillons, les experts ont identifié huit substances présentant un danger potentiellement significatif pour l’environnement, comme le TNT, le mercure ou le plomb. D’autres substances sans danger significatif comme l’acier, le bronze ou la poudre noire ont également été dénombrées.
Selon les résultats de l’étude, qui s’est également basée sur des résultats obtenus en Suède où d’anciennes munitions ont également été immergées, la désagrégation des munitions et une possible libération de substances nocives se calcule en milliers d’années.
En outre, l’ensevelissement progressif dans les sédiments constitue un obstacle supplémentaire à une éventuelle contamination, selon les experts. Enfin, le remède serait pire que le mal car la récupération au moyen d’une drague flottante soulèverait de grandes quantités de sédiments, ce qui perturberait durablement l’oxygénation des lacs, sans compter les risques d’explosion.
Environ 95% des munitions immergées l’ont été dans les lacs de Thoune (4600 tonnes) et de Brienz (280) ainsi que dans ceux des Quatre-Cantons (2800) et de Gersau (530).
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