Grève-éclair de mécanos de Swiss à Genève
Trois avions de la compagnie helvétique sont restés au sol jeudi matin à Genève-Cointrin à cause d’une grève de quelques heures des mécaniciens d’entretien.
Les employés entendaient ainsi protester contre une politique d’information de la direction qu’ils jugent défaillante.
Jeudi à 05h30, les 25 mécaniciens de Swiss qui travaillent en horaire continu (3×8) à l’aéroport de Genève-Cointrin se sont mis en grève, bloquant trois Jumbolinos de la compagnie.
Conséquence, un vol vers Londres a dû être annulé et une vingtaine de passagers transférés sur un vol British Airways. Deux autres vols vers Zurich ont été effectués par des avions de rechange. Le mouvement n’a toutefois pas entraîné de perturbation majeure.
Rapidement, des entretiens entamés entre les représentants du personnel et une délégation de la direction, venue spécialement par avion de Zurich, ont abouti à une reprise du dialogue.
«Nous avons obtenu satisfaction sur nos revendications», explique Rémy Pagani, secrétaire genevois du Syndicat des services publics (SSP).
Dissiper le malaise genevois
«Genève sera associée directement aux négociations conventionnelles et non maintenue à la périphérie des discussions», ajoute Rémy Pagani.
Dans le cadre des négociations sur la convention collective de travail, Swiss discute, entre autres syndicats, avec le SSP Suisse, mais il n’y pas de représentant genevois du personnel à la table des discussions.
«Antonio Schulthess, chef du personnel de Swiss, a compris que Genève se sentait mal représentée et va demander aux syndicats de dissiper ce malaise», indique Jean-Claude Donzel, porte-parole de la compagnie.
Maintenance pas touchée
Les mécaniciens grévistes redoutaient en outre que Swiss sous-traite à des partenaires étrangers ses vols vers Paris, Rome et Lisbonne, dès le 1er mars. «Aucune ligne ne sera supprimée pendant l’horaire d’été», affirme Rémy Pagani à l’issue de la rencontre avec la direction de Swiss.
Le personnel au sol craint la disparition de la flotte régionale qui correspond à presque la totalité de la maintenance assurée à Genève. Il redoute aussi de voir «se réduire en conséquence» le volume de travail effectué par le personnel au sol de Swiss sur le tarmac de Cointrin.
Sans s’engager pour l’instant «sur des aménagements commerciaux qui ne sont pas encore officialisés», le chef du personnel de Swiss a assuré qu’il n’y aurait pas d’avions en moins pendant cette période et donc pas de changement pour l’activité de maintenance à Genève.
Enfin, Antonio Schulthess s’est excusé de n’avoir pas répondu à un courrier envoyé le 14 février par le secrétaire syndical genevois. Dans cette lettre, Rémy Pagani annonçait que «passé un délai raisonnable de sept jours», le personnel engagerait «les mesures de lutte qui s’imposeront».
swissinfo et les agences
– Le 18 janvier, Swiss annonce qu’elle va se défaire d’au moins 13 de ses 62 avions. Soit 7 Saab, 2 Jumbolinos et 4 Embraer, tous affectés au trafic régional.
– Cette réduction de voilure devrait coûter leur poste à 207 pilotes régionaux, alors que 73 de leurs collègues affectés au long-courriers voient également leur place menacée.
– Plus généralement, la compagnie supprimera jusqu’en 2006 entre 800 et 1000 postes de travail.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.