Jean-Philippe Maitre s’en est allé
Ancien président de la Chambre du peuple du parlement fédéral, Jean-Philippe Maitre est décédé mercredi à l'âge de 56 ans des suites d'un cancer.
Atteint d’une tumeur au cerveau, le premier citoyen du pays avait décidé de renoncer à sa fonction, fin février 2005, trois mois après son élection.
«Nous nous sentons orphelins de quelqu’un qui nous a toujours montré l’exemple. C’est un coup dur», a déclaré mercredi Fabiano Forte, secrétaire général du parti démocrate-chrétien (PDC, centre) genevois.
«Jean-Philippe Maitre a su démontrer, aussi bien à travers sa carrière que par les malheurs qui lui sont arrivés depuis une année, l’incroyable force qu’il avait pour se mobiliser en faveur de la dignité et de l’autonomie», a ajouté Pierre-François Unger, président de l’exécutif genevois, sur les ondes de la Radio suisse romande.
Grandeur d’âme
Sur cette même antenne, le ministre de l’économie Joseph Deiss a lui aussi rendu hommage à son collègue de parti: «Tous les Suisses ont à l’esprit sa grandeur d’âme lorsqu’il a dû se retirer de la présidence du Conseil national. Je crois que c’est là qu’il a donné, à tous ceux qui n’auraient pas pu le connaître avant, la vraie dimension de sa personne.»
Jean-Philippe Maitre luttait depuis plus d’un an contre le cancer. En mars 2005, la maladie l’avait contraint à abandonner son mandat au Conseil national (Chambre du peuple).
Affaibli par les traitements médicaux, le démocrate-chrétien avait alors prononcé un discours d’adieu qui avait marqué les parlementaires fédéraux. Il leur avait aussi expliqué qu’il ne voulait pas exercer son mandat à moitié.
Précoce en politique
Avocat de formation, Jean-Philippe Maitre s’est intéressé très tôt à la politique. Il a été élu au parlement genevois à 24 ans. Il a ensuite gravi les échelons pour se hisser à l’exécutif cantonal alors qu’il n’était âgé que de 36 ans.
En 1983, le Genevois est entré au Conseil national, où il a siégé 22 ans. Le seul poste qu’il n’a pas occupé est celui de ministre. Son nom avait pourtant circulé lors de la double démission, en 1999, de Flavio Cotti et d’Arnold Koller. Mais il avait finalement renoncé à partir au combat.
Le juriste connaissait parfaitement les rouages de la politique fédérale pour l’avoir si longtemps fréquentée. Ses proches le décrivaient comme un homme de négociation, un adepte des solutions réfléchies, l’opposé d’un impulsif.
swissinfo et les agences
La carrière de Jean-Philippe Maitre:
Membre du parlement genevois à 24 ans
Membre du gouvernement genevois à 36 ans
Président du PDC genevois de 1981 à 1984
Ministre genevois de l’économie de 1985 à 1997
Dépué au Conseil national en 1983
Président du groupe PDC aux Chambres fédérales de 1998 à 2002
Président du Conseil national du 29 novembre 2004 au 28 février 2005
Selon la Constitution fédérale, le président de la Chambre du peuple (Chambre basse ou Conseil national) est le premier citoyen du pays.
Il est élu pour un an au début de la session d’hiver des Chambres fédérales par les 200 députés du Conseil national. Le président ne peut pas être réélu pour l’année suivante.
La tâche du président est de diriger les délibérations, représenter la Chambre du peuple à l’étranger et veiller au respect du règlement durant les sessions.
Il préside également l’assemblée fédérale (Conseil national + Conseil des Etats ou Chambre des cantons).
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