La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

La fracture sociale profite surtout à l’UDC

Le politologue Pascal Sciarini conduit actuellement une recherche en profondeur sur les élections nationales de l’automne dernier. Une première étude souligne qu’en Suisse alémanique surtout les perdants de la libéralisation ont voté pour l’UDC.

L’étude que vient de publier l’équipe menée par le chercheur en sciences politiques Pascal Sciarini repose sur un sondage effectué auprès de 2000 personnes après les élections nationales d’octobre 1999. Cette première analyse sera complétée par d’autres études réalisées par trois instituts de sciences politiques basés à Genève, Berne et Zurich.

Cette première étude souligne le renforcement d’un clivage apparu à la fin des années 80. D’un coté, se trouvent les partisans de l’ouverture qui profitent des retombées de la globalisation. Ils forment les classes moyennes et supérieures et ont suivi le plus souvent des études universitaires. Lors des dernières élections fédérales, ces citoyens-là ont voté massivement pour les socialistes ou les radicaux.

Les partisans du repli, eux, se recrutent chez les perdants de la libéralisation économique. Dotés d’un faible revenu, ces électeurs sont également faiblement formés. Se sont surtout ces personnes qui ont permis le succès de l’UDC, lors des dernières élections fédérales.

Pascal Sciarini note, toutefois, une différence entre la Suisse alémanique et la Suisse francophone. Dans les cantons romands, l’extrême gauche continue d’attirer une partie des déçus du libéralisme. En Suisse alémanique, par contre, cette mouvance a quasiment disparu.

Ce nouveau clivage s’ajoute donc à la traditionnelle opposition gauche-droite entre les partisans d’un Etat fort et les défenseurs du libre marché. Selon Pascal Sciarini, ce fossé entre les partisans de l’ouverture et les isolationnistes devrait même se renforcer.

En effet, la politique extérieure de la Suisse va dominer les débats politiques au cours des prochaines années. Et Pascal Sciarini de citer, en particulier, l’adhésion à l’UE, l’entrée de la Suisse dans l’ONU ou encore l’envoi de soldats suisses à l’étranger.

Le politologue pense donc que le poids électoral actuel de l’UDC est durable et qu’il n’est pas contredit par le récent succès des accords bilatéraux avec l’UE. Il note, toutefois, deux éléments qui pourraient modifier le spectre politique actuel.

D’abord, les contradictions entre des slogans favorables au repli et une ligne résolument néolibérale qui pourraient faire perdre à l’UDC une partie de son électorat. Ensuite, l’impact que pourrait susciter une définition plus claire des lignes suivies par le parti radical et le parti démocrate-chrétien.

Selon Pascal Sciarini, ces deux partis du centre n’ont pas encore tranché entre une ligne d’ouverture ou une politique conservatrice. De leur choix dépendra un affaiblissement ou un renforcement du parti du tribun populiste Christoph Blocher.

Frédéric Burnand


Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision