«Oui à l’Europe»: même les Romands pourraient dire non
Un sondage effectué pour Le Temps et le Tages Anzeiger, en vue de la votation du 4 mars, confirme les chiffres obtenus par l'institut Konso mandaté par la Radio et la Télévision Suisse romande. Tentative d'explication avec le politologue Pascal Sciarini.
«Je suis surpris par l’ampleur du recul des opinions favorables à l’initiative», réagit Pascal Sciarini, professeur à l’Institut des hautes études en administration publique de Lausanne. Un reflux qui gagne même la Suisse romande.
Selon le sondage de l’institut M.I.S. Trend commandé par les deux quotidiens, seul 46% des Romands sont favorables à l’initiative du NOMES. Le sondage effectué pour les deux médias de SRG SSR idée suisse, lui, donne le chiffre de 47,1% de Suisses romands qui voteraient oui le 4 mars prochain.
Si la tendance se poursuit, une majorité de Romands pourrait donc refuser l’initiative «Oui à l’Europe», qui demande l’ouverture rapide des négociations d’adhésion à l’Union européenne (UE).
«C’est la première fois que les sondages montrent un recul en Suisse romande», remarque Pascal Sciarini. Le politologue explique cette évolution par l’entrée en scène du Conseil fédéral qui prône le rejet de l’initiative et des opposants «raisonnables» qui affirment qu’un processus d’adhésion est prématuré.
Ces opposants ont expliqué qu’il fallait d’abord achever le processus des bilatérales négociées avec l’UE, avant d’envisager d’aller plus loin dans l’intégration européenne. «Cet argument a sans doute beaucoup porté, même en Suisse romande», juge Pascal Sciarini.
La brièveté de la campagne joue également en défaveur des initiants. «En Autriche, le gouvernement a annoncé en 1988 que son objectif était l’adhésion à l’UE et les Autrichiens ont voté six ans plus tard. Durant ce laps de temps, le gouvernement a mené une vaste campagne d’information et de sensibilisation. Rien de tous cela ne s’est passé en Suisse», observe Pascal Sciarini qui souligne le mérite de l’initiative «Oui à l’Europe» d’avoir justement ouvert un début de débat.
Frédéric Burnand
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