Ras-le-bol au sein de l’UDC contre les dérives totalitaires de Christoph Blocher
La contestation enfle, au sein de l’UDC, contre les méthodes et les discours de plus en plus provocateurs de Christoph Blocher. En signe de protestation contre la radicalisation du parti, deux anciens secrétaires généraux du parti font défection.
La contestation enfle, au sein de l’UDC, contre les méthodes et les discours de plus en plus provocateurs de Christoph Blocher. En signe de protestation contre la radicalisation du parti, deux anciens secrétaires généraux du parti font défection.
Les prises de position de personnalités de l’Union démocratique du centre se multiplient pour dénoncer les dérives du leader zurichois qualifiées, par certains membres du parti, de totalitaires.
Ce lundi, les 26 000 membres de l’UDC bernoise, considérée comme plus libérale et modérée, ont reçu une lettre du président de leur section destinée à remettre les pendules à l’heure. Tout en calmant le jeu, Hermann Weyeneth reconnaît que «des insécurités sont nées depuis le récent congrès d’Altdorf», notamment sur le plan de démantèlement de l’AVS. Mais il demande aux membres de sa section de ne pas démissionner pour ne pas laisser le champ libre à Christoph Blocher.
Ce ton, jugé très mesuré par la presse bernoise, paraît trop timoré aux yeux de certains. Le Bernois Max Friedli, directeur de l’Office fédéral des Transports et ancien secrétaire général de l’UDC suisse, a annoncé qu’il suspendait son appartenance au parti, car il ne supporte plus les diktats zurichois.
Proche du président de la Confédération Adolf Ogi, Max Friedli déplore que la section bernoise se contente de protestations verbales et qu’elle ne conteste pas, sur le fond, la ligne adoptée par Christoph Blocher et ses adeptes. Et de stigmatiser le rejet, par l’aile dure, des accords bilatéraux signés entre la Suisse et l’Union européenne, accords qui seront soumis prochainement au vote populaire.
Myrtha Welti, elle, va plus loin: l’ex-secrétaire générale du parti a carrément annoncé sa démission. En ne jouant plus que la carte de l’opposition, estime-t-elle, l’UDC ne peut plus prétendre assurer son rôle de parti gouvernemental.
Ces défections, qui ne sont pas les premières, pourraient bien annoncer des fractures plus profondes. Déjà, des critiques virulentes ou des appels à la scission se font entendre contre les méthodes musclées de Christoph Blocher. Ce week-end, la conseillère nationale zurichoise Lisbeth Fehr a dénoncé les dérives «totalitaires» de l’UDC.
Les sections romandes de l’UDC, elles aussi, partagent les inquiétudes de l’aile modérée. A l’image de Jean Fattebert (photo d’archive), vice-président de l’UDC suisse. Pour le conseiller national vaudois, si un débat, parfois même vif, est souhaitable, il ne saurait attiser les haines.
Dominique Boillat
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