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Un Latin prend la tête des radicaux

Fulvio Pelli est le nouveau timonier du libéralisme économique suisse. Keystone

Fulvio Pelli, Tessinois de 54 ans, a été élu à la présidence du Parti radical suisse (PRD) samedi à Berne, contre le député lucernois Georges Theiler.

Le chef du groupe parlementaire est le 4e président du Parti en cinq ans. Autant dire que sa tâche principale sera de reconstruire le PRD.

Quarante-cinq ans après Nello Celio, le Tessin retrouve ainsi l’un des siens à la tête du parti.

En ouverture de l’assemblée, samedi à Berne, la présidente par intérim du PRD Marianne Kleiner avait dépeint les deux candidats comme des «radicaux convaincus», mais c’est finalement le discours de l’avocat tessinois de 54 ans Fulvio Pelli qui a fait mouche.

La discussion a été chaude entre les délégués du grand parti de la droite économique chargés samedi d’élire leur nouveau président. Les pro-Theiler et les pro-Pelli ont échangé leurs arguments dans une ambiance électrique.

Un président pour toute la Suisse

«Nous avons besoin d’un président pour toute la Suisse, pas seulement pour la Suisse alémanique», ont plaidé les partisans du Luganais Fulvio Pelli. «La sauvegarde du 2e siège radical au Conseil fédéral se jouera en Suisse allemande», ont répliqué les délégués favorables à Georges Theiler.

Mais la langue n’a pas été le seul point de dissension. D’aucuns ont estimé que Georges Theiler était le plus capable de suivre la voie ouverte par Rolf Schweiger. Les délégués de Suisse orientale et zurichois notamment ont souligné la continuité qu’incarnerait une présidence Theiler.

Du côté des pro-Pelli, on a rappelé l’indépendance du chef du groupe parlementaire qui «ne se laisse pas mettre la pression par des lobbys».

Son bilan en tant que président de la section tessinoise a aussi été mis en avant. «Nous avons besoin d’un gagnant», a dit Dick Marty.

Promoteur de la «marque PRD»

Candidat à la présidence du PRD, Fulvio Pelli a dénoncé le conservatisme des autres partis samedi devant les délégués réunis à Berne. Le Tessinois veut défendre la «marque PRD» en encourageant l’innovation et la volonté d’aller de l’avant.

«Ne louchons ni vers la gauche ni vers la droite. Nous voulons être l’original des idées libérales», a souligné le conseiller national. «Concentrons-nous sur nos points forts et nos compétences essentielles et prenons un rôle de leader dans l’opinion publique».

M. Pelli veut que le parti soit clairement identifié comme celui qui combat la surimposition fiscale, l’explosion des coûts sociaux et la surréglementation. Il faut lutter contre toute tendance au conservatisme qui pousse la Suisse dans la médiocrité.

Réunir le PRD

Le Tessinois a aussi plaidé pour une image unie du PRD. «Libéral signifie que nous combattons ensemble pour des idées libérales», a- t-il affirmé. Pour les sujets où les opinions divergent chez les radicaux – en matière d’environnement notamment -, il faut que «vous, délégués, preniez une décision de principe».

Une décision qui doit ensuite être soutenue par tous, a-t-il affirmé vivement applaudi.

L’actuel chef du groupe parlementaire radical a mis en avant ses expériences au niveau cantonal, puis fédéral. «En tant que politicien tessinois, j’ai appris à gagner face aux populistes. J’ai une relation décrispée avec l’Union démocratique du Centre (UDC)», a-t-il relevé. Il a aussi mis en avant sa capacité à être actif «dans toutes les régions linguistiques».

Les autres partis satisfaits

Les trois autres partis gouvernementaux ont bien accueilli la nouvelle. Le président du parti socialiste Hans-Jürg Fehr espère que le nouveau chef du PRD pourra soustraire son parti à la domination de l’UDC et redevenir un parti bourgeois autonome.

Les radicaux doivent rechercher activement la collaboration avec le PS, a exigé M. Fehr. «Les perspectives sont meilleures avec M. Pelli qu’avec M. Theiler», a-t-il ajouté.

Le Parti démocrate-chrétien, lui, attend de Fulvio Pelli qu’il soit un partenaire de confiance pour une politique du centre et pas uniquement tourné vers l’économie, a indiqué la porte-parole Béatrice Wertli.

Quand à l’UDC, peu lui importe lequel des deux candidats l’a emporté, indique son porte-parole Roman Jäggi. Ce qui compte, c’est d’avoir un partenaire fiable et convaincant dans son propre parti.

Fulvio Pelli aura la dure tâche de réunir l’aile droite proche de l’économie et les forces de centre-gauche, estime l’UDC.

swissinfo et les agences

Les délégués radicaux ont choisi le député Fulvio Pelli pour succéder à Rolf Schweiger à la présidence du parti.
Soutenu par la majorité des Romands, le président du groupe radical des Chambres a obtenu 228 voix contre 150 à son rival, le député lucernois Georges Theiler.

– Issu d’une lignée de politiciens tessinois, Fulvio Pelli reçoit la présidence du parti radical suisse comme le couronnement d’une longue carrière.

– Né en 1951, ce magistrat et docteur en droit est membre du parti depuis 1980.

– En 1983, ce fin stratège polyglotte est élu au parlement tessinois avant d’être élu au Conseil national (Chambre basse) en 1995. Depuis 2002, il y est chef de groupe du PRD.

– En politique étrangère dans les questions sociales, il défend l’ouverture. Il est considéré comme un modéré de droite dans les questions économiques.

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