Débâcle de SAirGroup: le Marignan des radicaux
Il y a de la récupération politique dans l'air. Alors que l'on continue de s'interroger sur les responsabilités des uns et des autres dans la crise que traverse SAirGroup, le Parti radical est attaqué - tant sur sa gauche que sur sa droite.
Ce jeudi, c’est de l’UDC qu’est venu le coup, sous la forme d’un article signé Christoph Blocher, paru dans le quotidien Tages Anzeiger. Il y fait le procès du Parti radical, accusé d’entretenir des liens trop étroits, et néfastes, avec de nombreuses entreprises, SAirGroup notamment.
Et le député zurichois y voit l’une des causes principales des difficultés du transporteur suisse. On a laissé, écrit-il, «les mauvaises personnes, avec les mauvais concepts» conduire la compagnie au délabrement.
Il reproche en particulier à Eric Honegger, désormais ex-président du Conseil d’administration de SAirGroup, un radical, son manque de compétence. La presse est également égratignée pour avoir, toujours selon Christoph Blocher, couvert les errements du groupe.
Mais à gauche aussi on essaie de capitaliser politiquement sur cette affaire. «Les milieux zurichois radicaux de l’économie doivent maintenant passer à la caisse», écrivent ainsi les parlementaires fédéraux socialistes dans un communiqué.
Leur chef, Franco Cavalli, parle des «barons de l’aristocratie financière de Zurich» et ajoute que c’est «l’arrogance de ces cercles qui les a conduits à faire une erreur d’appréciation colossale.» Et il poursuit: «C’est pour cela que nous faisons la comparaison avec la défaite de Marignan. Là aussi les Suisses s’étaient trompés dans leur arrogance».
Tous ces reproches, toutes ces accusations, le Parti radical les repousse, en tirant une ligne de séparation bien claire entre ses propres affaires et celle de SAirGroup. Même si «certains de ses membres sont impliqués dans l’entreprise» comme le reconnaît le secrétaire-général du PRD.
«C’est de la pure polémique, avance Guido Schommer. Elle est en plus mal fondée». Le représentant radical admet que son parti est proche des milieux économiques et, qu’à l’inverse, certaines personnalités de ce monde-là s’engagent dans le parti. «Mais il n’y a là rien de nouveau et rien de problématique».
Pierre Gobet, Zurich
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.