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Déception de la droite dure et joie ailleurs

Le président de la Confédération Samuel Schmid était le seul membre du gouvernement à s'exprimer Keystone

Déçue du résultat de la votation de dimanche, la droite dure demande au gouvernement de retirer la demande de la Suisse à l'Union européenne.

Pour leur part, les milieux économiques disent leur satisfaction. Tout comme les partis politiques. Egalement satisfaites, les organisations syndicales veulent surveiller l’application des mesures d’accompagnement.

«La votation d’aujourd’hui était le deuxième scrutin de cette année sur un projet de politique européenne: en disant oui, les électeurs ont confirmé une nouvelle fois la voie bilatérale de la Suisse et ainsi consolidé les bonnes relations de notre pays avec l’UE élargie», a déclaré dimanche le président de la Confédération.

Pour Samuel Schmid, les citoyens ont fait un pas vers l’ouverture, ce qui permettra à la Suisse de rester attrayante pour les entreprises.

Propagande antidémocratique

La grande proportion de non est l’expression des inquiétudes profondes du peuple suisse en matière d’économie, de marché du travail et d’oeuvres sociales», a relevé l’Union démocratique du centre (UDC – Droite dure), déçue à l’issue du scrutin de dimanche.

Selon l’UDC, il est clair que le oui du peuple à la voie bilatérale signifie que la Suisse ne doit pas entrer dans l’Union européenne (UE). Le parti demande donc au Conseil fédéral (gouvernement) de retirer immédiatement la demande d’adhésion à l’UE.

Opposée à l’extension de la libre circulation des personnes, l’ASIN accuse les tenants du «oui» d’avoir eu recours à une «propagande antidémocratique sans précédent». Elle entend rappeler aux associations économiques et aux politiciens les promesses faites et les inviter à assumer leur responsabilité

Contre la sous enchère salariale

De son côté, l’Union syndicale suisse (USS) réclame au Conseil fédéral et aux cantons de mettre immédiatement en vigueur les mesures de lutte contre la sous enchère salariale. Satisfaite du «oui», l’USS estime que le risque de sous enchère salariale n’a pas disparu et qu’il faut donc renforcer la confiance dans les mesures d’accompagnement.

Du même avis, Travail.Suisse entend suivre de près l’application de ces mesures. Le cas échéant, l’organisation syndicale chrétienne exigera les adaptations nécessaires, précise son communiqué.

Les syndicats se sont beaucoup engagés en faveur du oui et leur contribution a été décisive dans le résultat, a rappelé Unia. Comme les autres, le syndicat entend continuer à défendre sans compromis les intérêts des travailleurs et dénoncer chaque cas de sous- enchère salariale.

Pas de problème

L’Union patronale suisse se veut rassurante à ce sujet: «l’extension de la libre circulation ne posera pas de problème, grâce, entre autres, au protocole additionnel convenu entre la Suisse et l’UE». L’organisation se réjouit que les menaces de chômage et de dumping salarial des opposants n’aient pas porté leurs fruits.

Très satisfaite, economiesuisse rappelle que l’issue revêtait une importance décisive pour l’économie suisse. Tournée vers les exportations, elle peut donc continuer à bénéficier de conditions favorables à la vente de ses produits en Europe. Les entreprises suisse disposeront aussi de meilleures conditions pour se développer et créer des emplois en Suisse, estime l’organisation.

Selon Swissmem, l’association patronale de l’industrie des machines, le oui a renforcé la sécurité des plus de 300 000 emplois de cette branche industrielle, qui gagne 8 francs sur 10 par des exportations. Le vote de dimanche est donc réjouissant.

Nouveaux bassins de recrutement

Pour Hotelleriesuisse aussi, la population a dit oui à la croissance économique. Ravie, l’organisation faîtière rappelle que sa branche emploie déjà près de 50 % de main d’oeuvre étrangère et qu’elle a besoin de se tourner vers de nouvelles régions de recrutement. L’extension de l’accord sur la libre circulation lui ouvre de nouvelles possibilités.

Egalement satisfaite du résultat de la votation, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) estime que «cette décision sans équivoque du peuple permet de poursuivre sans heurts sur la voie efficace des bilatérales». L’accès facilité à de nouveaux marchés et à une main-d’oeuvre qualifiée représente une grande chance car elle devrait influencer positivement la croissance, note l’USAM.

Membre du comité des chercheurs pour les accords bilatéraux, le président de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne Patrick Aebischer rappelle que «cette ouverture est fondamentale pour la recherche suisse, pour attirer ici des scientifiques est-européens dont la formation est excellente, et inversement envoyer les nôtres là-bas». Les chercheurs craignaient qu’avec la clause guillotine en cas de ‘non’, l’accord sur la recherche et l’éducation soit perdu.

Joie des partis

«La Suisse a une fois de plus confirmé sa volonté d’ouverture», s’est félicité dimanche le Nouveau mouvement européen suisse (Nomes), pour qui l’avenir de la Suisse se trouve dans la collaboration avec ses voisins européens.

«Le prochain pas consiste à présent à entamer une discussion en profondeur sur les avantages et les inconvénients d’une adhésion à l’Union européenne», a-t-il relevé.

Même message de victoire du côté du parti socialiste suisse (PS) : «Le oui est aussi une cuisante défaite pour l’UDC, dont la politique isolationniste, hypocrite et xénophobe a – une nouvelle fois – été mise en échec ».

En outre, la majorité de la population «a confirmé sa volonté de mettre en oeuvre une coopération constructive avec les Etats de l’Union européenne», a souligné dimanche le parti dans un communiqué. Son président Hans-Jürg Fehr y voit un véritable encouragement à s’engager «pour une Suisse toujours plus ouverte ».

Pour le parti libéral suisse (PLS), le résultat de la votation montre que «la Suisse confirme son attachement à l’Europe et offre une main tendue à ses partenaires de l’Est». «Cette décision conforte notre économie, lui permet de prospecter de nouveaux marchés et garantit la création d’emplois», a-t-il souligné.

«Convaincus que l’avenir de la Suisse se fera dans la construction européenne, les libéraux souhaitent que le rapprochement avec nos voisins européens ne s’arrête pas là ».

swissinfo avec les agences

Oui: 1’457’355 voix (55,95%).
Non: 1’147’236 (44,05%).
L’extension de la libre circulation a été acceptés par 16 cantons et 3 demi-cantons.
Elle a été rejetée par 4 cantons et 3 demi-cantons.
La participation a atteint 53,6%.

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