Davos s’en va pour mieux revenir
Le Conseil fédéral regrette que l'édition 2002 du Forum économique de Davos ait lieu à New York. Il fera tout pour que le WEF retrouve Davos en 2003.
Mercredi à Berne, Pascal Couchepin a déclaré regretter ce transfert aux Etats-Unis. Le ministre suisse de l’économie comprend cependant les soucis des organisateurs et des autorités grisonnes au niveau de la sécurité.
Davantage de sécurité
Les attentats du 11 septembre ont changé la donne. Compte tenu des menaces terroristes, il n’est pour l’heure pas possible de maintenir le WEF à Davos.
En effet, la police grisonne manque d’effectifs pour assurer la sécurité dans toute la station. D’autant plus que le caractère ouvert de Davos pose un problème: les invités sont logés sur plusieurs sites et se déplacent fréquemment, ce qui rend leur protection difficile.
A New York, cette protection sera beaucoup plus facile à assurer. Le WEF se déroulera dans un seul bâtiment. Il n’y aura donc qu’à boucler le périmètre.
Un transfert momentané
Les autorités fédérales, grisonnes et davosiennes soulignent cependant que le transfert à New York n’est que momentané. Les problèmes de sécurité en vue de l’édition 2003 devraient être rapidement réglés.
«Et rapidement signifie dès demain», précise le porte-parole du gouvernement Achille Casanova. Jeudi, le ministre de la justice et police Ruth Metzler rencontrera ses homologues cantonaux. Elle leur demandera d’aider de fournir des effectifs pour aider les Grisons à maintenir la sécurité.
La décision devrait tomber assez rapidement. Probablement à la fin du mois de janvier déjà.
Un manque de courage?
Reste une question épineuse: en acceptant que le prochain WEF ait lieu à New York, les autorités fédérales et grisonnes n’ont-elle pas fait preuve de manque de courage?
Pascal Couchepin refuse cette critique. «Il faut prendre acte du fait que les événements du 11 septembre ont complètement changé la donne, déclare-t-il. Les Etats-Unis eux-mêmes ont annulé une réunion du Fonds monétaire international pour des raisons de sécurité.»
«Mais il ne viendrait à l’idée de personne de prétendre que les Etats-Unis n’ont ainsi pas fait face à leurs responsabilités, poursuit le ministre. Alors pourquoi faire ce reproche à la Suisse?»
Les autorités suisses vont tout faire pour assurer des mesures de sécurité adéquates. Simplement, elles ont besoin d’un peu plus de temps que les Etats-Unis pour s’adapter à la nouvelle situation.
Signe de solidarité
Pour Pascal Couchepin, le transfert à New York ne constitue pas un coup pour la Suisse et comporte même l’avantage de pouvoir témoigner de solidarité envers cette ville meurtrie. C’est le meilleur moyen de montrer que, malgré le terrorisme, la vie continue.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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