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Echelon: la Suisse nie toute collaboration avec les Américains

Les "grandes oreilles" de Cheltenham, en Angleterre, font certainement partie du réseau Echelon. La Suisse en revanche, nie toute implication dans ce système d'espionnage planétaire. Keystone Archive

Duncan Campbell - le journaliste écossais qui a révélé l'existence d'«Echelon», un système d'écoutes mises en place par les Etats-Unis - pense que la Suisse travaille avec la National Security Agency. Une information confirmée par Le Monde du Renseignement, mais démentie par les autorités helvétiques.

Oswald Sigg est catégorique. Selon le porte-parole du Département fédéral de la défense, la Suisse n’a aucune collaboration avec ce réseau d’écoute mondiale «Echelon».

En 1947, pour espionner l’URSS, les Etats-Unis créent «Echelon». Ils sont rapidement rejoints par le Canada, la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce n’est qu’en 1988 que le journaliste indépendant Duncan Campbell révèle au reste du monde l’existence de ces grandes oreilles (120 satellites) qui écoutent toutes nos conversations.

Pas un appel téléphonique, pas un fax, pas un e-mail n’échappe à la vigilance d’«Echelon», capable de capter 2 milliards de communications chaque jour. Le rapport de Duncan Campbell, «Interception Capabilities 2000», publié en anglais pour le Parlement européen, vient d’être traduit en français sous le titre «Surveillance électronique planétaire» (1).

Plusieurs pays, comme l’Allemagne, le Japon, ou la Corée du Sud bénéficient parfois de ce puissant réseau d’espionnage électronique. Et la Suisse? «Deux pays non anglo-saxons souhaitent rejoindre «Echelon», il s’agit du Danemark et de la Suisse. D’ailleurs, les services secrets français et allemands ont toujours considéré que les services suisses collaboraient davantage avec les Américains qu’avec eux», constate Duncan Campbell.

En octobre 2000, la presse et certains parlementaires suisses se sont inquiétés de la vente par Swisscom d’antennes paraboliques à Loèche à la société américaine Verestar, filiale du groupe Tower Corporation, spécialisé dans les télécommunications, y compris celles du gouvernement américain.

Les informations publiées dans le dernier numéro du Monde du Renseignement (22 février 2001), édité à Paris, risquent de jeter un énorme pavé dans la mare. Cette lettre confidentielle affirme que le 10 février dernier à Washington un cadre de Swisscom lui a confié que la National Security Agency «était vivement intervenue en faveur de cet achat (les antennes paraboliques de Loèche), estimé à 100 millions de francs suisses».

La publication ajoute que «l’agence d’interception du Pentagone souhaitait disposer de contacts privilégiés avec l’opérateur de ces stations satellitaires», et qu’il y aurait eu «un accord entre le département américain de la Défense et les autorités suisses».

Encore une fois, Oswald Sigg dément ces informations. Comment expliquer alors que la Suisse soit régulièrement montrée du doigt? «Il y a surtout des raisons politiques, souligne le porte-parole du Département fédéral de la défense. De sorte que la Suisse trouve en matière de renseignements également un chemin qui lui est propre. C’est-à-dire conforme à sa position de neutralité».

Ian Hamel

(1) «Surveillance électronique planétaire», Duncan Campbell, éditions Allia, à Paris.

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