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L’armée à nouveau en question

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Douze ans après sa première tentative, le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) monte, une nouvelle fois, au front. Mais son initiative provoque une levée de boucliers à droite.

L’initiative «pour une politique de sécurité crédible et une Suisse sans armée» veut modifier la Constitution fédérale et y préciser que la Suisse n’a pas d’armée. Du coup, les écoles de recrues, les cours de répétition et toute autre forme d’instruction militaire seraient supprimés dans un délai de dix ans au maximum.

La Confédération devrait alors prendre des mesures pour favoriser la reconversion des entreprises et des administrations touchées par de désarmement dans la production de services et de biens civils.

Les civils aux commandes

En Suisse, les tâches civiles, actuellement assurées par l’armée, comme l’aide en cas de catastrophe, seraient prises en charge par les autorités civiles de la Confédération, des cantons et des communes.

En ce qui concerne l’étranger, les initiants précisent que la participation armée à des activités militaires internationales en faveur de la paix serait réservée et obligatoirement soumise à une votation populaire.

Les initiants demandent, en outre, que la Suisse encourage l’égalité des chances et des relations équitables entre les sexes, les groupes sociaux et les peuples. Ils réclament également une distribution des richesses équitable et respectueuse de l’environnement.

Naïveté coupable

Pour la droite, la suppression de l’armée est tout simplement inconcevable. Il serait en effet naïf de croire que tous les conflits peuvent être résolus par des moyens civils.

Une défense reste donc nécessaire. Et, si la Suisse supprimait son armée, elle serait obligée de compter sur des pays tiers pour la protéger. Ce qui, aux yeux de la droite, serait indigne.

Les opposants à l’initiative mettent en outre des arguments économiques dans la balance. En effet, l’armée contribue à aider l’économie des régions périphériques et fournit de nombreux emplois.

La droite note enfin une contradiction dans l’initiative. Elle se demande comment il est à la fois possible de supprimer l’armée et de participer à des opérations internationales de maintien de la paix.

Une question de conviction

Les milieux pacifistes ne pensent pas sérieusement que leur initiative puisse passer la rampe. Ils la défendent néanmoins, considérant qu’il s’agit d’une question de conviction. La conviction que les armes ne représentent pas forcément la réponse aux conflits. Or, cet idéal ne sera jamais atteint si rien n’est entrepris.

Les partisans de l’initiative estiment par ailleurs que demander la suppression de l’armée n’est pas inutile. Ce genre de proposition force en effet les politiques et les citoyens à se poser des questions légitimes sur le rôle de l’armée et sur les fonds qu’on y consacre.

L’initiative de 1988 – acceptée à l’époque par 35% de la population et par deux cantons romands – n’a d’ailleurs pas été sans effets. Les budgets militaires ont été depuis revus à la baisse et contester la toute-puissance de l’armée n’est plus un tabou.

Sondage grandeur nature

Le GSsA a déjà mordu la poussière aux Chambres fédérales. Le texte a été refusé par 38 voix sans opposition au Conseil des Etats et par 108 voix contre 34 au Conseil national. Un résultat qui montre que cette proposition n’arrive pas à faire le plein des voix au sein de la gauche.

Reste maintenant à voir quel sera l’avis des citoyens. Il n’y a guère de doute que cette initiative sera refusée. Le résultat aura cependant l’avantage de montrer dans quelle mesure l’armée est populaire ou non dans ce pays.

Olivier Pauchard, Palais fédéral

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