La coopération suisse confirme son aide aux réfugiés palestiniens
Peter Hansen, le patron de l'Office de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, inaugure mardi un bureau de liaison à Genève. Avant cela, il aura passé par Berne pour faire le point avec les autorités fédérales sur la participation suisse à son programme d'aide.
L’UNRWA, puisqu’il faut bien l’appeler par son nom (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient), avait été créé à la fin de 1949 comme un organisme provisoire. Faute de solution durable à la question palestinienne, son mandat est encore régulièrement prolongé par l’Assemblée générale de l’ONU.
L’Office agit principalement dans les domaines de l’éducation, de la santé et des services sociaux, ainsi que dans la promotion des ressources et revenus des 3,8 millions de réfugiés palestiniens placés sous son mandat depuis maintenant quatre générations.
Le décompte de ses moyens plutôt limités est vite fait: les quelque 300 millions de dollars dont il dispose chaque année représentent en effet moins de 100 dollars par réfugié. Autant dire que l’UNRWA doit faire régulièrement appel à des contributions supplémentaires pour venir en aide à une population toujours en forte augmentation dans les villages.
L’Intifada et ce qui s’en suit – bouclage de territoires, restriction des déplacements et autres mesures «punitives» – a d’importantes répercussions à la fois sur le sort des réfugiés et sur la façon dont l’ONU peut leur venir en aide. La Banque Mondiale estime que, si ces mesures devaient se poursuivre, la moitié des réfugiés, privés de travail et d’autres ressources élémentaires, se retrouveraient à la fin de l’année en dessous du seuil de pauvreté.
Si Peter Hansen a jugé bon de passer par Berne, c’est qu’il sait que son Office peut compter sur la Suisse depuis de très nombreuses années. Ce que Walter Fust, directeur du développement et de la coopération (DDC), confirme en évoquant un «appui stable, fidèle et dénué de toute conditionnalité politique» qui fait de ce pays l’un des dix plus importants contributeurs de l’UNRWA.
L’objectif prioritaire du soutien helvétique – entre huit et dix millions de francs selon les années – est évidemment d’ordre humanitaire: il s’agit d’assurer la continuité des services de base aux réfugiés ou de financer ici et là des projets particuliers comme le fonds d’hospitalisation pour cas graves ou l’étude de moyens de réhabilitation dans les camps.
Berne s’est aussi engagée dans l’amélioration de la communication entre les différents acteurs de l’aide aux réfugiés palestiniens. Il y a quelques années, alors que l’UNRWA perdait de son capital de confiance, la Suisse avait pris l’initiative de créer un réseau d’information entre bailleurs de fonds et bénéficiaires et de les réunir à Montreux, opération renouvelée en décembre dernier à Lausanne.
Pour l’ambassadeur Walter Fust, cet objectif de concertation figure toujours à l’ordre du jour de la DDC: «Nous sommes, dit-il, de ceux qui veulent créer des moyens de discuter des projets de développement pour les réfugiés palestiniens, car personne ne sait de quoi sera fait leur avenir proche ou lointain».
Dans le contexte plus immédiat de l’Intifada, la Suisse est en tout cas d’avis, ajoute-t-il, que «la communauté internationale, avec l’Etat d’Israël, devrait trouver les moyens de vraiment garantir à cet acteur humanitaire qu’est l’UNRWA un accès libre aux camps de réfugiés».
La recherche de fonds et la coordination constituent bien sûr les motifs essentiels de la création dans la Genève internationale d’un bureau de liaison de l’UNRWA, avec le soutien financier de la Suisse. Là, il lui sera plus facile d’entretenir le contact avec les pays qui contribuent à son action, de manière substantielle certes, mais aujourd’hui insuffisante.
Bernard Weissbrodt
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