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La polarisation se renforce et l’UDC fait la course en tête à un an des élections fédérales 

Marcel Dettling UDC
Marcel Dettling, président de l’UDC Suisse, hallebarde à la main: selon le baromètre électoral de la SSR, l’UDC arrive largement en tête avec près de 30% des intentions de vote. Keystone / Urs Flueeler

À près de 30% des intentions de vote, l’UDC renforce sa position de premier parti de Suisse. La gauche progresse également, tandis que les partis du centre-droit perdent du soutien, signe d’une polarisation croissante, selon le nouveau baromètre électoral de la SSR paru vendredi.  

Le peuple suisse se rendra aux urnes pour renouveler le Parlement fédéral le 24 octobre 2027. L’institut Sotomo, mandaté par la SSR (la Société suisse de radiodiffusion et télévision, maison-mère de Swissinfo), a pris la température des opinions et priorités de l’électorat à un an de ce grand rendez-vous politique. 

L’analyse de la force électorale des partis, d’abord, révèle que les pôles se renforcent, tandis que les partis du centre-droit perdent du terrain. L’UDC (Union démocratique du Centre) caracole en tête: si les élections avaient lieu aujourd’hui, le parti de droite conservatrice en serait le grand gagnant avec 29,9% des voix. Ce score dépasserait son propre record de 29,4% établi lors des Fédérales de 2015. 

L’UDC a enregistré la progression la plus nette depuis octobre 2023, en renforçant sa part d’électorat de 2 points de pourcentage.

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Le Parti socialiste (PS) et les Vert-e-s progressent aussi légèrement, augmentant la force électorale cumulée de la gauche d’1,5 point au total.  

Cette hausse est principalement imputable au PS, qui se hisse à 19,3% d’intentions de vote (+1 point par rapport aux dernières élections de 2023), ce qui serait son meilleur résultat depuis 2007, constate Sotomo. 

Les deux partis bourgeois traditionnels s’affaissent 

La tendance à l’érosion de l’électorat se poursuit en revanche pour Le Centre, qui s’établit à 12,6% des voix, et dans une moindre mesure pour le Parti libéral radical (PLR / droite libérale). Les deux partis perdent respectivement 1,5 et 1 point dans les intentions de vote. 

Par rapport au baromètre de 2025, le PLR gagne une place en passant devant le Centre. Mais le pourcentage de l’électorat qu’il obtient actuellement – 13,3% – représenterait le plus mauvais résultat de toute son histoire aux élections du Conseil national, indique l’étude.  

À eux deux, le PLR et le Centre, qui dominaient traditionnellement le camp bourgeois, totalisent actuellement 26% des suffrages, une part d’électorat inférieure de 4 points à celle de l’UDC seule. 

Le changement climatique redevient une priorité de l’électorat 

Cette redistribution des forces au sein des formations politiques ne reflète qu’en partie les préoccupations majeures de la population. On constate notamment que la politique migratoire, thème traditionnel de l’UDC, redescend dans la liste des priorités nationales. 

Les deux défis politiques jugés aujourd’hui les plus urgents par les électrices et électeurs interrogés sont les primes d’assurance maladie (39%) et le changement climatique (36%).  

Ce dernier thème, «qui semblait être passé de mode ces dernières années», est nettement remonté à la suite de l’été 2026 marqué par les canicules, explique le directeur de Sotomo Michael Hermann. La part de personnes qui y voient un défi majeur a bondi de 9 points en un an. 

Pour autant, l’inquiétude climatique ne se traduit pas encore en un soutien électoral massif. On l’a dit, les Vert-e-s n’ont que faiblement progressé, tandis que le Parti Vert’libéral a pour enregistré un léger recul.  

S’il ne s’attend pas à une nouvelle vague verte comparable à celle observée en 2019, l’institut Sotomo estime toutefois que la tendance actuelle pour les deux partis écologistes est «plus positive qu’il n’y paraît de prime abord», car «ils sont au moins parvenus, grâce à un ‘branding’ écologique, à s’extirper du creux de la vague dans lequel ils se trouvaient».

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Près des deux tiers (65%) des personnes interrogées dans ce baromètre électoral estiment que les mesures prises par le monde politique pour se protéger des conséquences du changement climatique ne vont pas assez loin. Le soutien à des mesures supplémentaires varie cependant fortement selon l’appartenance politique. 

De manière générale, la perception de l’urgence climatique dépend grandement du parti auquel on appartient: elle est jugée prioritaire par près de 90% de l’électorat des Vert-e-s, mais par seulement 5% de l’électorat de l’UDC.  

La problématique des primes d’assurance-maladie, en revanche, traverse les clivages partisans. 

L’immigration et la criminalité restent des enjeux majeurs pour la droite 

Derrière ces deux thèmes qui se dégagent particulièrement viennent quatre thématiques citées chacune par environ un quart des personnes interrogées: la politique d’asile, les relations avec l’UE et l’immigration, mais aussi désormais la crise du logement.  

Ce thème a fortement progressé ces dernières années, passant de 13% en 2023 à 23% aujourd’hui. C’est aussi le cas de la criminalité, qui a bondi de 9 points sur la même période (de 10% à 19%), particulièrement au sein de l’électorat de droite. 

À l’inverse, la thématique de l’immigration a nettement reculé, puisqu’elle était encore citée comme un défi majeur par 35% des personnes interrogées en 2023. Elle reste toutefois l’enjeu numéro un pour l’électorat de l’UDC. 

La Suisse jugée «trop cordiale» envers les États-Unis et Israël 

Face à la place importante occupée par la politique étrangère au cours de cette législature, le baromètre électoral a aussi cherché à savoir comment était perçue l’attitude du gouvernement suisse sur la scène internationale. 

C’est envers l’attitude de Berne à l’égard des États-Unis que la population est la plus critique, une réaction plutôt homogène selon les électorats. Plus de 80% des personnes interrogées trouvent que le Conseil fédéral se montre trop cordial envers Washington. 

De même, près de trois quarts des personnes interrogées jugent l’attitude officielle de la Suisse trop cordiale envers Israël. Cette opinion est également partagée par la plupart des sensibilités politiques, quoique moins nettement par la base de l’UDC et du PLR.

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Le traitement réservé à la Russie et à l’UE révèle quant à lui de très grandes différences entre les électorats, qui suivent les fractures entre les blocs idéologiques. Si un peu plus de la moitié de l’ensemble des personnes interrogées considèrent l’attitude de Berne trop cordiale envers la Russie, la perception qu’en a l’électorat de l’UDC est radicalement différente: moins de 30% sont de cet avis, contre plus de 70% pour les électeurs et électrices de gauche. 

Il en va de même en ce qui concerne les relations avec l’Union européenne. Alors que près de 90% des sympathisants de l’UDC jugent que le Conseil fédéral est trop cordial envers l’UE, seuls 10% de l’électorat du PS et des Vert-e-s partagent cet avis. 

Les répondantes et répondants ont été interrogés sur leur perception du degré d’influence et de sympathie de chaque membre du Conseil fédéral. La ministre des Finances Karin Keller-Sutter (PLR) reste clairement en tête du classement selon l’influence (63%) devant le ministre de l’Énergie et de l’Environnement UDC Albert Rösti (53%) et Guy Parmelin (UDC).  

Le ministre de l’Économie, actuel président de la Confédération qui quittera le gouvernement à la fin de l’année, a nettement conforté sa position en un an. Quarante-deux pourcents des personnes interrogées le citent aujourd’hui comme l’un des membres du Conseil fédéral les plus influents, contre 17% en octobre 2025. 

Il arrive aussi pour la première fois en tête du classement des ministres jugés les plus sympathiques (par plus de 60% des personnes sondées) devant le ministre de la Défense issu du Centre Martin Pfister (50%) et Karin Keller-Sutter (46%).

Collecte des données et méthode 

La collecte des données relatives au baromètre électoral SSR a eu lieu en ligne entre le 10 et le 23 septembre 2026. Le recrutement des personnes interrogées s’est fait, d’une part, par le biais des portails web de la SSR et, d’autre part, via le panel en ligne Sotomo. Les réponses de 25’092 électeurs et électrices ont pu être exploitées pour l’évaluation. 

Des procédés de pondération statistiques ont été utilisés pour rendre l’échantillon conforme aux caractéristiques sociodémographiques centrales de la population, que ce soit en termes de lieu de résidence, d’âge, de sexe, de formation ou de caractéristiques politiques. 

La marge d’erreur de l’échantillon est de +/-1,2 point pour un pourcentage observé de 50% avec un intervalle de confiance à 95%. 

Article relu et vérifié par Samuel Jaberg

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