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L’initiative pour un fonds climat est clairement rejetée

L’initiative prévoit des investissements annuels de plusieurs milliards de francs, notamment pour développer les énergies renouvelables comme le solaire.
L’initiative prévoyait des investissements annuels de plusieurs milliards de francs, notamment pour développer les énergies renouvelables comme le solaire. Gian Ehrenzeller / Keystone

Le texte qui demandait à la Confédération de créer un fonds pour investir dans la transition énergétique du pays n’a pas convaincu l’électorat suisse. Plus de 70% des Suisses l’ont refusé.

Portée par la gauche, l’initiative pour un fonds climat n’a pas convaincu l’électorat suisse en ce dimanche de votation. Plus de 70% des votantes et des votants n’ont pas voulu de ce fonds fédéral, censé accélérer le déploiement des énergies renouvelables et protéger la biodiversité en Suisse.

Le rejet est particulièrement marqué dans plusieurs cantons de Suisse centrale (Obwald, Nidwald et Schwytz), où il dépasse les 80%. Dans le canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures, le non atteint 84,4%. Les cantons urbains de Genève et Bâle-Ville affichent parmi les taux de refus les plus bas, avec 57,9% et 55,4% respectivement.

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Cet article est régulièrement mis à jour. Vous trouverez ici un aperçu de tous les objets soumis au vote.

«Occasion manquée»

Dans un communiqué commun, les Vert-e-s et le Parti socialiste, à l’origine du texte, ont déclaré qu’une «occasion a été manquée de relever le plus grand défi de notre époque». Interrogée par l’agence de presse Keystone-ATS, la présidente du parti écologiste Lisa Mazzone a indiqué que les objectifs climatiques de la Suisse «restent les mêmes et sont largement souhaités par la population».

«Nous devons prendre acte qu’il y a une certaine lassitude de la population», a déclaré sur le plateau de la RTS le conseiller aux États socialiste Baptise Hurni, interrogé sur la multiplication des initiatives environnementales ces dernières années. En novembre dernier, un texte visant à taxer les héritages des grandes fortunes pour financer la lutte climatique avait lui aussi été largement refusé dans les urnes.

En face de lui, le conseiller national UDC Manfred Bühler s’est réjoui du net rejet du fonds pour le climat, estimant que sa dotation annuelle aurait été trop importante pour financer les projets concrets au sein de l’économie. Selon lui, la Suisse serait également trop petite pour avoir un impact sur le climat à l’échelle globale, a-t-il ajouté devant les caméras de la RTS.

Dans un communiqué, le comité interpartis opposé au fond climat, qui rassemble l’UDC, le PLR, le Centre, economiesuisse et l’Union suisse des arts et métiers, a indiqué que le résultat du vote montre que les Suisses privilégient «une politique climatique ciblée et mûrement réfléchie».

>> À voir aussi, les réactions de Léonore Porchet (Vert-e-s) et Yvan Pahud (UDC) sur le plateau de la RTS:

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Pas une surprise

Ce net refus n’est pas une surprise. Le deuxième sondage de la SSR, publié à une dizaine de jours du scrutin, montrait déjà que 65% des personnes interrogées s’opposaient au texte, alors que 31% y étaient favorables. 4% restaient encore indécises.

Pour passer la rampe, l’initiative aurait dû obtenir le soutien de la majorité du peuple et des cantons. Elle avait été lancée en 2022, année qui fut la plus chaude en Suisse depuis le début des mesures en 1864.

Fait intéressant qui confirme une tendance de la diaspora à se montrer plus sensible à la cause environnementale, le sondage révélait un rejet moins marqué parmi les Suisses de l’étranger, avec 51% de «non», 39% de «oui» et 10% d’indécis.

Que disait le texte?

Dans le détail, l’initiative «pour une politique énergétique et climatique équitable: investir pour la prospérité, le travail et l’environnement»Lien externe demandait que la Suisse investisse chaque année entre 0,5 et 1% de son produit intérieur brut dans la transformation écologique du pays.

Cela aurait représenté un montant annuel compris entre 3,9 et 7,7 milliards de francs devant servir à financer des mesures de protection du climat et de la nature. Parmi elles, la rénovation de bâtiments sur le plan énergétique, le renforcement des transports publics ou encore la protection de la biodiversité des espèces animales et végétales.

>> Lire notre article expliquant les enjeux de cette initiative:

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Adaptation climatique

Climat et biodiversité: la Suisse vote sur des investissements de plusieurs milliards

Ce contenu a été publié sur Une initiative demande la création d’un fonds pour le développement des énergies renouvelables et la protection de la biodiversité. Pour les opposantes et les opposants, la Suisse en fait déjà assez. Le peuple tranchera le 8 mars.

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Quels étaient les arguments pour et contre?

Tout au long de la campagne, les initiants ont souligné que l’inaction coûterait à long terme beaucoup plus cher que les investissements de plusieurs milliards de francs prévus, notamment dans le développement des énergies renouvelables comme le solaire.

Selon eux, chaque franc investi aujourd’hui dans des mesures de protection du climat permettrait d’économiser quatre à cinq francs à l’avenir. Particulièrement exposée au réchauffement climatique, la Suisse a connu ces dernières années plusieurs catastrophes naturelles engendrant des coûts importants, dont l’effondrement d’un glacier sur le village de Blatten en mai 2025.

Pour le camp rose-vert, investir dans la transition énergétique devait aussi permettre de réduire la dépendance de la Suisse aux pays producteurs de combustibles fossiles et créer de nouveaux emplois dans un secteur d’avenir.

En face, les opposants – dont le Conseil fédéral et une majorité du Parlement – ont estimé qu’un tel fonds n’était pas nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques de la Suisse, dont la neutralité carbone d’ici 2050. Ils ont rappelé que la Confédération et les cantons consacrent déjà environ deux milliards de francs au climat et à l’énergie, et quelque 600 millions à la biodiversité.

Les partis de droite et du centre ont également mis en garde contre une augmentation incontrôlée des dépenses publiques, car celles devant servir à alimenter le fonds n’auraient pas été soumises au frein à l’endettement. Selon eux, la population en aurait fait les frais, avec un risque de hausse d’impôts ou de la TVA.

Le camp du non a également critiqué une absence de critères concrets quant à l’utilisation du fonds. Il préfère que la Suisse continue à miser sur un large éventail d’approches: des incitations à l’efficacité énergétique aux restrictions sur les énergies fossiles.

>> Notre vidéo explicative sur cet objet de votation:

Relu et vérifié par Samuel Jaberg

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