Menus divers pour le centre et la droite…
Les radicaux soutiennent massivement le durcissement de la politique migratoire et les démocrates chrétiens appellent à un plus grand soutien pour la recherche...
Samedi, les délégués du PRD (droite) et du PDC (centre droite) se sont réunis en assemblée, les premiers à Berthoud, les seconds à Näfels.
Alors que les démocrates-chrétiens (PDC, centre droit) ont parlé surtout recherche et économie, les délégués du Parti radical (PRD, droite) se sont surtout penchés sur la politique migratoire.
Notamment en recommandant de voter «oui» aux révisions des lois sur l’asile et sur les étrangers, acceptées en décembre par le parlement, si les référendums lancés par le camp rose-vert aboutissent. Car les délégués du PRD ont très massivement approuvé la loi sur les étrangers comme celle sur l’asile.
Selon le conseiller national argovien Philippe Müller, la loi sur les étrangers permet d’appliquer un système dual en matière d’immigration: ouverture à l’égard des pays de l’Union européenne et restriction à l’égard des Etats tiers. Quant à la loi sur l’asile, elle donne ainsi les moyens de lutter contre les abus.
Lors du débat qui a suivi, seules quelques rares oppositions se sont fait entendre, la majorité émanant de délégués romands. Pour le président du parti Fulvio Pelli, ces lois ont au contraire un sens, car elles éliminent les vides juridiques et les difficultés qui existaient jusqu’alors.
La direction du parti a soumis aux délégués un concept général de politique migratoire dit des «quatre piliers» et qui reprend dans ses grandes lignes les deux lois, tout en préconisant aussi un renforcement de l’engagement suisse dans les pays d’où sont issus les immigrants.
Dans un autre registre, avant de débattre des migrations, les délégués ont écouté leur conseiller fédéral Hans-Rudolf Merz donner sa vision d’un Etat fort et «aminci». Pour le ministre suisse des finances, la Confédération ne doit pas dépenser à tout va, mais investir dans des domaines clés, comme la formation ou les incitations aux entreprises.
Pour une recherche… ciblée
Dans le canton de Glaris, le parti démocrate-chrétien a appelé à un plus grand soutien à la recherche et à l’innovation. Pour le PDC, sans oublier les valeurs éthiques, la recherche fondamentale doit davantage être soutenue par l’Etat, mais seuls les domaines «stratégiques et porteurs d’avenir» devraient profiter de cette générosité accrue.
Les domaines prioritaires aux yeux du PDC sont ceux qui «ouvrent des perspectives au pays en permettant de relancer la croissance et de créer des emplois», a précisé la présidente du parti, Doris Leuthard.
Le PDC évoque en particulier la nanotechnologie et la recherche sur les matériaux, la technologie médicale, les technologies environnementales, les sciences de la vie, les sciences financières, l’informatique et les technologies de l’information.
L’économie plutôt que l’humanisme
Devant les délégués de son parti, le ministre de l’Economie Joseph Deiss a exprimé des idées semblables. «Les meilleures universités et hautes écoles spécialisées de notre pays doivent chercher à s’attirer ces ressources limitées», a dit le conseiller fédéral, qui a répété vouloir augmenter de 6 % les dépenses consacrées à la recherche et à l’innovation pour 2008-2011.
Il a également plaidé pour des «contacts plus étroits» entre les hautes écoles et l’économie. Il s’est dit aussi favorable à des allégements fiscaux et une simplification des procédures administratives pour les jeunes entrepreneurs.
De manière générale, Joseph Deiss estime qu’il faut «développer la formation dans une perspective plus économique, sans renier l’idéal humaniste». A tous les niveaux, l’école doit «intégrer les besoins de l’économie et de la vie professionnelle».
A noter par ailleurs que le PDC a rejeté massivement l’initiative populaire dite COSA («bénéfices de la Banque nationale suisse pour l’AVS»), qui sera en votation en septembre prochain.
Issue de la gauche, celle-ci demande de verser tous les gains de la Banque nationale à l’AVS (assurance-vieillesse et survivants), à l’exception d’un milliard annuel pour les cantons. La clé de répartition actuelle prévoit un tiers pour la Confédération et deux tiers pour les cantons.
swissinfo et les agences
Les chiffres des votations des assemblées de samedi:
PRD: Loi sur l’asile : 187 oui, 6 non
PRD: Loi sur les étrangers : 191 oui, 2 non
PDC: Résolution sur la stratégie technologique : 176 oui, 0 non
PDC: Article constitutionnel sur la formation : 200 oui, 0 non
PDC: Initiative Cosa : 202 non, 7 oui
INITIATIVE POPULAIRE : Les citoyens peuvent demander par une initiative qu’une modification de la Constitution fédérale qu’ils proposent, fasse l’objet d’une votation populaire.
Pour que l’initiative aboutisse, elle doit recueillir les signatures de 100.000 citoyens actifs dans un délai de 18 mois.
REFERENDUM : Le peuple peut se prononcer sur des décisions du Parlement. Les lois fédérales, les arrêtés fédéraux de portée générale et les traités internationaux d’une durée indéterminée sont sujets au référendum facultatif.
Ils sont soumis au vote du peuple lorsque 50.000 citoyens actifs le demandent, dans les 100 jours qui suivent leur publication.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.