La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

L’ancien ministre Kurt Furgler est décédé

Kurt Furgler en juin 1996 dans son bureau. Keystone

Président de la Confédération à trois reprises, le Saint-Gallois avait été successivement ministre de Justice et Police, puis de l'Economie. Il est décédé mercredi à l'âge de 84 ans.

Membre du parti démocrate-chrétien (PDC, centre droit), Kurt Furgler a été victime d’une défaillance cardiaque, a précisé jeudi sa famille. Elu au Conseil fédéral (gouvernement) le 8 décembre 1971, il avait causé la surprise en démissionnant en 1986.

Avec ses 15 ans de pouvoir, il détient le record de la longévité gouvernementale de l’après-guerre. Kurt Furgler est considéré comme l’un des hommes politiques suisses les plus brillants et dynamiques de cette même période.

D’abord ministre de justice et police (1972-1982), il a ensuite pris la tête de l’Economie publique (1983-1986). Kurt Furgler a été président de la Confédération à trois reprises, en 1977, 1981 et 1985.

Lors de son dernier mandat présidentiel, il avait acquis une notoriété mondiale en accueillant à Genève les deux hommes alors les plus puissants de la planète, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

D’origine modeste

Originaire de Valens/Pfäfers, Kurt Furgler est né le 24 juin 1924 à St-Gall. Fils d’un vendeur de textiles, il a étudié le droit aux Universités de Fribourg, Zurich et Genève avant d’exercer comme avocat dans son canton.

Sa carrière politique, l’ancien ministre l’a entamée sous les couleurs du parti chrétien-social, l’aile progressiste du PDC. Avant d’accéder au gouvernement fédéral, il a d’abord été membre du Grand Conseil saint-gallois de 1957 à 1960 et député au Parlement fédéral de 1954 à 1971.

C’est en 1964 qu’il a acquis une stature nationale en tant que président de la commission d’enquête parlementaire sur les dépassements de crédits dans l’acquisition d’avions militaires français Mirage. Il s’est aussi distingué par son rôle dans le traitement de la Question jurassienne.

Plus

Plus

Démographie

Conseiller fédéral

Ce contenu a été publié sur Le Conseil fédéral est le nom donné au gouvernement fédéral suisse. Il est composé de sept membres appelés conseillers fédéraux qui sont élus par les deux Chambres du Parlement (Assemblée fédérale) et reconfirmés dans leurs fonctions tous les quatre ans. Chaque conseiller fédéral est responsable d’un département en qualité de ministre. Selon un système de…

lire plus Conseiller fédéral

L’homme des réformes

Devenu ministre de la Justice, Kurt Furgler a lancé de nombreuses réformes. Au nombre de ses succès figurent la révision du droit de la famille, l’article constitutionnel sur l’égalité entre hommes et femmes et le nouveau droit matrimonial.

La loi restreignant les acquisitions d’immeubles par des résidents étrangers a par ailleurs été baptisée «lex Furgler». A la tête de l’Economie, le Saint-Gallois s’y est efforcé de renforcer la compétitivité de l’économie suisse.

Au nombre de ses revers, il faut citer l’échec en votation populaire de son projet de police fédérale de sécurité, coulé par l’opposition conjuguée de la gauche et de la droite fédéraliste en 1978.

Quant au projet de révision totale de la Constitution fédérale, qu’il avait lancé avec enthousiasme dans les années septante, il n’a finalement abouti qu’en 1999 à une simple mise à jour de la charte fondamentale.

Une fin de carrière discrète

Doué d’une vive intelligence, d’une énergie peu commune et d’une éloquence exceptionnelle, Kurt Furgler demeure l’un des rares véritables hommes d’Etat d’envergure que la Suisse a connus.

En 2002 encore, il avait milité pour une présence helvétique accrue sur la scène internationale. En compagnie de quatre anciens conseillers fédéraux – Alphons Egli (PDC), Rudolf Friedrich (PRD/droite), Leon Schlumpf (UDC/droite nationaliste) et Hans-Peter Tschudi (PS) – il avait alors assumé la coprésidence d’un comité de seniors en faveur de l’adhésion de la Suisse à l’ONU.

Après son départ du Conseil fédéral, il n’a cependant pas fait, au niveau international, la seconde carrière que beaucoup lui prédisaient, par exemple à la tête de l’Unesco ou de la Fédération internationale de football.

swissinfo et les agences

Le décès de Kurt Furgler bouleverse le monde politique.

Le Parti démocrate-chrétien (PDC) qualifie le décès de l’ancien conseiller fédéral de grande perte.

«C’est une personnalité qui a marqué son époque et la politique», a précisé Reto Nause, secrétaire général du PDC.

Son ancien collègue au gouvernement Otto Stich a déclaré avoir «toujours collaboré très volontiers avec Kurt Furgler» au Conseil fédéral.

Et le socialiste de regretter l’époque où «tout le monde devait tirer à la même corde au sein du gouvernement».

La députée démocrate-chrétienne Lucrezia Meier-Schatz a quant à elle salué «un orateur brillant mais aussi un grand visionnaire».

Selon elle, Kurt Furgler était fortement marqué par l’éthique chrétienne.

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision