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Frederik Paulsen: «Je fais très bien la redistribution moi-même. Je n'ai pas besoin du fisc»

Le milliardaire suédois sort de son silence. Dans une interview inédite accordée à l’émission de la RTS Mise au point, Frederik Paulsen répond aux controverses qui entourent sa personnalité.

Ce contenu a été publié le 18 mars 2019 - 14:48
Sébastien Faure/ebz/rts.ch


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Il est à la tête d’une des plus grosses fortunes de Suisse, estimée entre 5 et 10 milliards de francs. L’homme d’affaires suédois est patron de Ferring Pharmaceuticals, explorateur polaire, philanthrope et consul général honoraire de la Fédération de Russie depuis 2009.

Au siège de son entreprise à St-Prex, entre Lausanne et Genève, cet homme d’ordinaire très discret s'exprime notamment sur le financement de campagne qui a poussé Géraldine Savary à la démission, ses montages financiers dans des paradis fiscaux, des voyages en Russie avec de nombreuses personnalités politiques romandes ou ses fonctions de consul honoraire de Russie.

Frederik Paulsen explique sa surprise face aux critiques dont il est la cible: «Je suis assez étonné de voir les attaques contre moi. Qu'est-ce que vous voulez comme immigrant mieux que moi? J'ai investi des centaines de millions ici, j'ai créé des milliers de jobs, je suis un grand philanthrope. Qu'est-ce que vous voulez de plus?»

Des sommes «plutôt symboliques»

Interrogé sur son choix de financer des campagnes de la conseillère aux Etats socialiste vaudoise Géraldine Savary, il déclare: «Je ne regrette pas du tout d'avoir aidé Géraldine Savary. Tout le monde doit aider les partis politiques, sinon notre vie politique ne peut pas fonctionner. Géraldine est quand même une femme extraordinaire et les sommes avec lesquelles je l'ai aidée sont plutôt symboliques qu'autre chose.» [25'000 francs pour ses campagnes communes avec le Vert Luc Recordon, ndlr].

«Je lui souhaite du courage, j'espère qu'elle va revenir en politique, je crois que la Suisse a besoin de personnalités politiques comme elle, intègres et intelligentes». Il ajoute qu'il n'a aidé qu'elle parmi les politiciens suisses: «car c'est une amie et parce que si un parti a besoin d'aide c'est le Parti socialiste. Historiquement la social-démocratie a su éviter à l'Europe de grandes révolutions en assurant son rôle de redistribution économique dans la société.»

«Je donne presque 80% de ce que mes sociétés gagnent»

Frederik Paulsen se pose en défenseur de l'impôt et de la redistribution. Pour autant, il ne voit pas de contradiction à ce que lui-même soit imposé au forfait fiscal depuis son installation en Suisse. «Si vous voyez tout l'argent que je donne dans le canton à travers des donations, je fais très bien la redistribution moi-même. Je n'ai pas besoin du fisc. C'est très bien que je le fasse moi-même, ainsi l'argent ne reste pas dans la bureaucratie. C'est beaucoup plus efficace pour le canton.»

Après l'enquête du quotidien 24 heures -basée sur les fuites des Panama papers et des Paradise papers- qui affirme qu'autour de son nom a été créée une constellation de sociétés dans des paradis fiscaux, Frederik Paulsen ne nie pas. «C'est complètement légal. Qui est étonné? Je donne presque 80% de ce que mes sociétés gagnent comme donation ou comme mécénat. J'ai bonne conscience et je crois que tout l'argent qui est mis dans ces structures est de l'argent sur lequel on a payé des impôts. Je ne vois pas où est le problème».

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