Protection des journalistes: appel à lutter contre l’impunité
(Keystone-ATS) La Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Navi Pillay a demandé mercredi aux Etats de lutter contre l’impunité des auteurs de crimes contre les journalistes. Lors d’un débat sur la sécurité des journalistes, elle a appelé à «la tolérance zéro» de toute forme de violence visant les médias.
«Chaque acte de violence perpétré contre un journaliste qui ne fait pas l’objet d’une enquête et reste impuni est une invitation ouverte à plus de violence», a déclaré la Haut Commissaire au début d’un débat de trois heures au Conseil des droits de l’homme à Genève.
«Des enquêtes et des poursuites dans tous les cas d’agressions visant des journalistes sont impératives et les victimes doivent être dédommagées», a ajouté Navi Pillay.
«Je suis convaincue que beaucoup plus peut être fait pour protéger le travail vital des journalistes», a affirmé la Haut Commissaire, en appelant à «la tolérance zéro» contre toutes les formes de violence visant la presse.
Déjà 49 journalistes tués
Selon la PEC, ONG de défense des journalistes basée à Genève, 49 journalistes ont déjà été tués dans 21 pays depuis le début de l’année, surtout dans les zones de conflit en Syrie, Irak, Afghanistan, Pakistan et République centrafricaine. L’an dernier, 129 journalistes ont péri dans l’exercice de leur métier.
Lors du débat, le rapporteur spécial sur la liberté d’expression Frank la Rue s’est prononcé pour l’élaboration par l’ONU d’une Déclaration sur la protection des journalistes, à l’instar de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme. D’autres intervenants ont exigé surtout des mesures plus sévères sur le plan national.
Le débat avait pour but de lancer la réflexion sur de meilleures pratiques. Si presque tous les Etats ont souligné le rôle essentiel joué par les médias dans le fonctionnement de la démocratie, il n’y a pas de consensus sur les moyens à mettre en oeuvre pour renforcer leur protection.
Nécessité pour la Suisse
La Suisse a insisté sur «la nécessité d’agir à tous les niveaux, national et international» et de combattre l’impunité. La représentante helvétique Anh Thu Duong a déclaré devant le Conseil que la Suisse, comme présidente de l’OSCE, va organiser prochainement une réunion avec la société civile sur la liberté d’expression dans les pays de l’OSCE.