
Pyongyang teste deux «nouveaux» missiles de défense aérienne

La Corée du Nord a testé deux "nouveaux" missiles de défense aérienne, a annoncé l'agence KCNA dimanche, sur fond de tensions avec le Sud. Cette annonce intervient après des tirs de sommation mardi de l'armée sud-coréenne une brève incursion des troupes du Nord.
(Keystone-ATS) L’incident frontalier a été révélé samedi par la Corée du Nord avec une mise en garde contre un risque d’une confrontation «incontrôlable», au premier jour d’un déplacement à l’étranger, à Tokyo puis à Washington, du nouveau président sud-coréen Lee Jae-myung qui tente de renouer le dialogue entre son pays et son voisin, toujours techniquement en guerre.
Les tirs d’essai nord-coréens, qui ont eu lieu samedi, ont démontré que ces nouveaux systèmes antimissiles nord-coréens avaient une «capacité de combat supérieure», a rapporté l’agence de presse nord-coréenne KCNA, précisant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un les avait supervisés.
Aucun détail n’a été donné sur les nouveaux missiles tirés, à part le fait que leur «mode de fonctionnement et de réaction repose sur une technique unique et spéciale».
Expériences au combat
Plusieurs photographies de la KCNA montrent des missiles de défense aérienne dans le ciel et l’éclat d’une interception. M. Kim est photographié en train d’écouter un responsable militaire nord-coréen, avec une paire de jumelles posée sur son bureau.
«La Corée du Nord renforce ses missiles de défense aérienne contre les drones volant à basse altitude et les missiles de croisière», explique Hong Min, analyste à l’institut coréen pour l’unification nationale. Cela témoigne de «la prise de conscience par Pyongyang de la nécessité de renforcer ses capacités […] sur la base des leçons tirées des combats contre les Ukrainiens».
Selon des services de renseignement sud-coréens et occidentaux, la Corée du Nord avait envoyé plus de 10’000 soldats en Russie pour appuyer son invasion de l’Ukraine, ainsi que des obus d’artillerie, des missiles et des systèmes de roquettes à longue portée.
La Corée du Nord a annoncé ces essais après avoir accusé samedi Séoul de plus de 10 tirs de sommation en direction de soldats nord-coréens qui avaient brièvement franchi mardi, dans la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux pays.
Relations au plus bas
Confirmant l’incident, l’armée du Sud a précisé surveiller «de près les mouvements des troupes nord-coréennes». Le commandement de l’ONU a estimé le nombre de soldats ayant traversé la frontière à 30, a indiqué dimanche l’agence de presse sud-coréenne Yonhap.
Les deux pays restent techniquement en guerre depuis plus de sept décennies, le conflit qui les a opposées de 1950 à 1953 s’étant achevé par un armistice et non par un traité de paix.
Les relations entre Pyongyang et Séoul sont au plus bas depuis plusieurs années, après que le Nord a lancé une série de missiles balistiques en violation des sanctions de l’ONU l’an dernier.
Mais la tonalité a changé, côté sud-coréen, depuis l’élection à la présidence au début juin de Lee Jae-myung au terme de la longue période de chaos politique provoquée par son prédécesseur Yoon Suk-yeol, qui avait brièvement déclaré la loi martiale en décembre.
Le nouveau dirigeant s’est dit prêt à un dialogue sans condition préalable avec Pyongyang, qui a rejeté pour l’instant ses appels au rapprochement.
Il sera reçu lundi à la Maison-Blanche par le président américain Donald Trump, qui, lors de son premier mandat avait rencontré à trois reprises Kim Jong-un, sans avancée majeure: Pyongyang n’a jamais fléchi ses programmes nucléaire et balistique militaires.