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Un pôle de recherche sur les émotions

Quelle émotion se cache sur le visage de Mona Lisa?

(Université de Genève)

Genève accueille le premier centre national de recherche au monde dédié à l'étude interdisciplinaire des émotions.

Le Pôle de recherche national (PRN) Sciences Affectives, qui s’ouvrira le 1er septembre, analysera entre autres les déterminants émotionnels dans les conflits internationaux ou dans le domaine du travail.

En mars, le projet Sciences Affectives, mené par le professeur Klaus Scherer de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève, s’est vu attribuer le seul Pôle de recherche national de Suisse romande.

Consacré à l’étude interdisciplinaire des émotions et de leurs effets sur le comportement humain et la société, ce projet est qualifié de «révolution affective» par l’Université de Genève. Il s’agit en effet d’un centre de recherche unique au monde.

Etude interdisciplinaire

«L’étude des émotions n’est pas une nouveauté en soi. Elles sont analysées depuis l’Antiquité. D’ailleurs, Aristote parlait déjà à sa manière d’intelligence émotionnelle, un terme très à la mode aujourd’hui. Ce qui est nouveau ici, c’est l’approche interdisciplinaire», souligne le professeur Klaus Scherer.

L’analyse des phénomènes affectifs passera ainsi par différents domaines, de la neurologie aux sciences économiques et sociales, en passant par la philosophie, l’histoire des religions ou le droit. Et l’observation se fera sous différents angles.

Naissance d’une émotion

Un premier groupe de chercheurs se penchera sur la production des émotions. Qu’est-ce qui les déclenche? Comment s’expriment-elles physiologiquement (gestuelle, voix, etc.)? Quelles sont les différences individuelles? Hommes et femmes réagissent-ils de la même manière? Autant de questions qui seront abordées dans ce premier volet.

«Pour étudier le phénomène, nous travaillerons à la fois sur le terrain et en laboratoire, précise Klaus Scherer. La recherche passera aussi par l’observation de personnes souffrant de pathologies émotionnelles: des dépressifs ou encore des prisonniers présentant des comportements antisociaux et agressifs.»

La gestion du stress

Un deuxième groupe de recherche s’intéressera à la régulation des émotions, comme l’impulsivité, le stress ou l’épuisement psychologique.

«Ce volet introduit un aspect social, constate le professeur. Une meilleure gestion du stress, dans le milieu professionnel par exemple, permet d’améliorer considérablement le bien-être.»

Enfin, le troisième volet se penchera sur l'implication des émotions dans les processus sociaux. Des philosophes et des économistes seront intégrés à cette étude. Les chercheurs observeront notamment le rôle des religions et des mythes dans les conflits ethniques.

Un projet mené par des juristes s’intéressera aussi au poids des émotions dans les procédures judiciaires. «La justice pénale est actuellement marquée par le développement de modèles alternatifs de justice qui sont centrés sur les vertus morales de la honte ou de la culpabilité pour le prévenu. Nous nous interrogerons sur ce processus 'd’émotionnalisation du droit’».

Applications concrètes

Même si le PRN Sciences Affectives prévoit de consacrer une part importante de son travail à la recherche fondamentale, son objectif ultime est aussi le transfert des connaissances vers la pratique.

«Les recherches sur le stress devraient permettre de mieux structurer l’environnement professionnel et d’apporter une aide directe aux personnes concernées, illustre Klaus Scherer. Cela permettra d’augmenter à la fois le bien-être et la productivité.»

Aujourd’hui, les sciences sociales font aussi un effort important pour trouver des partenaires économiques et les impliquer dès le début de la recherche. Novartis s’intéresse ainsi au lien entre le travail et la vie privée étudié par le PRN. Et la firme de parfum Firmenich va financer une recherche sur la perception olfactive.

Le PRN Sciences Affectives sera opérationnel dès le 1er septembre 2005. Doté d’un budget de 12 millions de francs (10 millions provenant de la Confédération et 2 millions de l’Université de Genève), il permettra la création directe d’une quarantaine de postes.

swissinfo, Alexandra Richard

Faits

Centré à Genève, le Pôle de recherche national (PRN) sur les émotions sera opérationnel dès le 1er septembre.
Il dispose d’un budget de 12 millions de francs pour quatre ans.
10 millions proviennent de la Confédération et 2 millions de l'Université de Genève.
Formé de 12 groupes de recherche interdisciplinaires en Suisse et à l'étranger, il permettra la création directe d'une quarantaine de postes.
Il fait partie des six PRN en sciences sociales attribués le 22 mars par le Conseil fédéral. C’est le seul qui est situé en Suisse romande.

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