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A Nairobi, la Suisse a signé le protocole sur la biosécurité

Un militant de Greenpeace lors d'une manifestation anti-OGM à Riedstadt, en Allemagne. Keystone

Prévenir les risques biotechnologiques pour mieux protéger la diversité de la nature: c’est le but d’un nouveau protocole international. Au nom de la Suisse, l’ambassadeur Beat Nobs l’a signé à Nairobi où se tient la 5ème Conférence sur la biodiversité.

Le Sommet de la Terre, à Rio en 1992, avait mis en avant le principe de précaution. Autrement dit, il ne faut pas attendre d’avoir des certitudes scientifiques absolues pour décider des mesures de prévention de l’environnement. C’est exactement ce qui se passe sur le terrain des organismes génétiquement modifiés. La biotechnologie se développe rapidement, mais on est loin d’en connaître toutes les conséquences possibles. Les consommateurs s’interrogent aussi sur les risques que ces OGM pourraient faire peser sur leur santé.

A la longue, la diversité biologique de la planète pourrait s’en trouver encore plus menacée qu’aujourd’hui. Une réglementation sur les exportations et les importations d’OGM a donc été mise au point sous forme d’accord complémentaire à la Convention sur la biodiversité. A l’avenir, on ne pourra plus exporter d’organismes vivants modifiés sans que le pays importateur n’en soit informé et qu’il ait formellement donné son accord. Dans le cas d’OGM destinés à l’alimentation, tout pays qui les autorise en informera tous les États engagés dans ce protocole.

La Suisse s’est largement impliquée dans la négociation de cet accord en essayant, non sans quelque succès, de réconcilier des positions manifestement divergentes. A l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), on en retire d’ailleurs une certaine fierté. Mais il faudra attendre que cinquante pays ratifient le protocole avant qu’il ne puisse entrer en vigueur. D’où l’appel lancé par des organisations écologistes comme le WWF pour que les gouvernements tiennent rapidement parole.

Concrètement, ce protocole obligera les multinationales à faire toute la clarté sur les produits qu’elles exportent. Philippe Roch, directeur de l’OFEFP, espère aussi que cela incitera les entreprises suisses à participer aux efforts de coopération et de formation des pays en développement dans le domaine du génie génétique: «Cela permettra à ces pays d’acquérir une compétence dans l’appréciation des risques biotechnologiques, de s’équiper en conséquence et de s’assurer aussi qu’on ne leur imposera pas à leur insu des cultures de plantes génétiquement modifiées.»

Bernard Weissbrodt

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