La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse
Podcast

Conférence du travail: la Suisse définit ses priorités

Jean-Luc Nordmann, chef de la Direction du travail au Secrétariat d’État à l’économie. Keystone

Renforcer le contrôle des normes du travail, développer une stratégie de l’emploi, promouvoir le dialogue international sur les enjeux sociaux de la mondialisation: voilà les trois thèmes abordés par le représentant suisse à la Conférence du Travail.

A Genève, la Conférence annuelle du Travail est entrée dans la deuxième de ses trois semaines de débats. Jean-Luc Nordmann, patron de la Direction du travail au Secrétariat d’État à l’économie, y a pris la parole lundi pour rappeler les trois priorités auxquelles la Suisse accorde actuellement la plus grande importance.

La première concerne la politique normative du Bureau international du travail. La Suisse demande qu’elle soit revue et corrigée dans le sens d’un renforcement. Elle a d’ailleurs déposé dans ce sens un projet de résolution soutenu par des pays comme la France, l’Allemagne et le Japon.

En clair, et au vu de l’évolution rapide des technologies, des systèmes de production et de l’économie mondiale, le monde du travail devrait en effet disposer d’un outil universel de références sociales. Si l’on veut que l’arsenal législatif existant soit efficace, il faut le simplifier et simplifier aussi la manière de vérifier qu’il est bien appliqué. La Suisse lance le débat sur le sujet mais il faudra sans doute quelques mois encore avant de voir s’il aboutit vraiment.

Deuxième priorité: la lutte contre le chômage et le sous-emploi qui minent la stabilité sociale, économique, voire politique du monde. La Suisse souhaite que le BIT aborde ces questions en tenant compte d’autres problématiques qui leur sont liées comme les migrations, le progrès technique, l’éducation ou encore la compétition économique. Ce serait une bonne manière de concrétiser le slogan lancé l’an dernier par cette organisation en faveur de bases minimales pour un «travail décent».

Enfin – c’est sans doute l’objectif pour lequel la Suisse s’investit beaucoup actuellement et sur lequel elle mettra l’accent lors du sommet social de Genève à la fin de ce mois de juin – il est grand temps que toutes les institutions internationales (y compris l’Organisation mondiale du commerce et la Banque mondiale) fassent un effort de concertation pour ensemble faire front sur le terrain des retombées sociales de la globalisation. Pour la Suisse, la prochaine étape du développement social passe forcément par des engagements communs et cohérents dans la lutte contre la pauvreté.

La traduction concrète de ces priorités suppose aussi que l’on dépasse les méfiances mutuelles, entre pays riches et pays pauvres, entre gouvernants et société civile, telles qu’elles se sont manifestées par exemple l’an dernier à Seattle. Pour Jean-Luc Nordmann, cette «initiative multilatérale» de la Suisse est une chance pour toute la communauté internationale. Et, surtout, la dernière occasion en vue d’un dialogue social véritablement constructif.

Bernard Weissbrodt


Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision