Davos face à un autre aspect de la mondialisation: la montée en puissance des ONG
C’est peut-être l’«effet Seattle». Les excès et les risques de la mondialisation sont cette année l’un des thèmes majeurs du Forum économique mondial. Mais les ONG souhaitent à l’avenir faire encore mieux entendre leurs voix et leurs critiques.
C’est peut-être l’«effet Seattle». Les excès et les risques de la mondialisation sont cette année l’un des thèmes majeurs du Forum économique mondial. Mais les ONG souhaitent à l’avenir faire encore mieux entendre leurs voix et leurs critiques.
Les «nouveaux maîtres du monde» sont descendus dans l’arène. Klaus Schwab, le président de ce Forum qui réunit les PDG les plus importants de la planète, a répondu vendredi à l’invitation d’une série d’ONG, d’organisations non-gouvernementales, emmenées par la Déclaration de Berne, une organisation tiers-mondiste suisse, dont on voit ici l’orateur, Peter Bosshard (photo). Accompagné du patron d’ABB, Göran Lindahl, il a répondu aux attaques dont est l’objet Davos, qui, pour certains, représente le pire: une super-élite, dirigeant en secret les destinées du monde.
Les ONG lançaient une opération de suivi de la manifestation intitulée «Regard public sur Davos». Elles demandent au Forum, étant donné son importance, plus de tranparence et d’ouverture. Klaus Schwab a souligné de son côté que les préoccupations des ONG – les problèmes sociaux, les questions environnementales – sont depuis longtemps au menu des discussions de Davos. Et de citer la présentation, en 1971, du rapport du Club de Rome, sur les «limites de la croissance».
Mais ce qui se passe ici à Davos est révélateur d’un mouvement de fond. En quelques années, les ONG ont réussi à s’imposer. Elles ont profité à la fois de la fin des barrières idéologiques et de l’apparition de nouveaux mécontentements: ceux qu’engendre le processus de globalisation de l’économie. Leur plus billant succès, c’est peut-être d’avoir, en décembre dernier, contribué à faire capoter à Seattle la réunion ministérielle de l’OMC, l’Organisation mondiale du commerce.
Elles font preuve désormais d’un sens aigu de l’organisation. Elles savent aussi communiquer, utiliser les médias à leur avantage. Leur nombre a littéralement explosé, comme d’ailleurs celui de leurs adhérents. Elles ont aussi su profiter de la révolution de l’information: grâce au courrier électronique, grâce au web, des réseaux mondiaux se constituent, qui permettent une mobilisation rapide et massive.
Les ONG sont donc devenues un pouvoir. «Oui, il existe clairement une certaine puissance des ONG, on l’a vu à Seattle», déclare Miriam Behrens, de Pro Natura, une organisation suisse affiliée au réseau international Friend of the Earth. Meilleure preuve de cette puissance nouvelle? «Ici, au Forum de Davos, on est en train de discuter de la place des ONG dans la politique mondiale, relève Miriam Behrens. Cela montre que nous avons un rôle assez important.»
Pierre Gobet
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