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Genève célèbre 50 ans au centre de l’univers

Le Globe de la science et de l’innovation, offert par la Suisse. Keystone

Dignitaires et scientifiques ont célébré mardi le cinquantenaire de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).

Depuis sa création, le premier laboratoire de physique des particules dans le monde a largement contribué à la compréhension de l’univers et à la coopération scientifique.

Son panachage de scientifiques et autres professionnels de quatre-vingts pays ainsi que son ambition de percer les secrets de l’origine de l’univers font du CERN un laboratoire à nul autre pareil.

Mardi, les officiels d’une vingtaine de pays et les chefs d’Etat de Suisse, de France et d’Espagne ont commémoré ensemble les réussites de l’institution.

A la sortie de la guerre, les promoteurs du CERN ont eu le mérite de convaincre les douze Etats fondateurs d’investir dans l’éducation et la recherche, a déclaré le président de la Confédération Joseph Deiss. On aimerait retrouver ces vertus de courage et de discernement plus souvent dans les débats et les décisions des parlements, des gouvernements et des représentants de l’économie d’aujourd’hui.

Pour la France, pour l’Europe, l’investissement dans la recherche est plus qu’une priorité. C’est une condition de la croissance et de l’emploi, une exigence de survie dans la compétition internationale, a pour sa part déclaré Jacques Chirac.

L’enjeu le plus remarquable

Pour l’Espagne, l’engagement des Etats pour la recherche va de soi. Témoin de l’évolution du CERN durant ces 20 dernières années, le roi d’Espagne, qui assistait déjà au 30e anniversaire de l’institution, a réaffirmé son engagement ferme pour l’objectif de situer l’Europe à l’avant-garde du développement scientifique et technologique.

Et le CERN constitue l’enjeu le plus remarquable que l’Europe ait formulé pour se placer au premier rang de la recherche dans un des terrains les plus décisifs de la science: la physique des particules, a dit Juan Carlos.

Lors de cette journée de célébration, on a également inauguré le Globe de la science et de l’innovation – cadeau d’anniversaire de la Suisse au CERN – qui servira au partage des connaissances scientifiques à travers le monde et à l’accueil des visiteurs.

Joseph Deiss et Jacques Chirac ont également ouvert la Porte Charles De Gaulle. Un nouvel accès en France qui doit permettre à 4000 employés du Centre d’aller travailler sans devoir franchir la douane.

L’esprit du CERN

«Depuis 50 ans, le CERN est LE rendez-vous des scientifiques de tous pays, de toutes cultures, religions et appartenances ethniques», explique le Suisse Charles Kleiber, secrétaire d’Etat à la science et la recherche.

Lequel précise à swissinfo «qu’ici, disputes politiques et animosité ne pèsent d’aucun poids».

«C’est son esprit qui a permis au CERN d’offrir sa contribution majeure à la manière dont nous pensons la nature et les origines du monde.»

Directeur général du centre, Robert Aymar ne dit pas autre chose. Et précise que l’identité internationale du CERN a «un impact social, culturel et économique considérable» sur la région genevoise.

«Avant même le CERN, Genève était une ville internationale, assure Robert Aymar. Mais en grandissant, le laboratoire a donné à Genève un caractère international croissant.»

«La science a un langage universel, poursuit le directeur général. Et l’unique objectif du CERN, c’est la science.»

Une aventure scientifique

Créé en 1954 par douze pays fondateurs, dont la Suisse, le CERN a été l’un des premiers «joint ventures» en Europe.

Aujourd’hui, vingt pays sont impliqués. On peut y voir des scientifiques israéliens et arabes ou des physiciens indiens et pakistanais travailler côte à côte en un effort commun pour résoudre les énigmes de la nature.

Géographiquement, le centre a son quartier général à Genève, mais son laboratoire souterrain géant – le plus vaste du monde – s’étend jusqu’au sous-sol de la France voisine.

Selon Charles Kleiber, cette collaboration transfrontalière a nourrit un esprit de «science sans frontières» en Europe et à travers le monde.

«Il est intéressant de noter que si le CERN est suisse, il est aussi français et européen, constate le secrétaire d’Etat. Il constitue un lien entre nations européennes et démontre que l’aventure scientifique est une aventure en commun, qui concerne tous les pays.»

Du reste, à l’image de la Russie et la Turquie, plusieurs pays non-européens comme l’Inde, Israël, le Japon et les Etats-Unis disposent du statut d’observateur au sein de l’organisation.

Trois prix Nobel

Au fil des ans, les travaux menés au CERN ont permis aux physiciens de l’institution d’empocher trois prix Nobel et d’effectuer des avancées significatives en matière de technologie et d’ingénierie.

Le World Wide Web, par exemple, est une création maison. Il a été développé au début des années nonante pour permettre aux physiciens des particules de pouvoir communiquer ensemble.

Aujourd’hui, le «www» est devenu d’un usage quotidien pour des centaines de millions d’utilisateurs dans le monde.

Le CERN a également joué un grand rôle dans le développement des accélérateurs de particules. Utilisés dans l’industrie, la médecine et la recherche, ces outils produisent des rayonnements de particules hautement énergétiques.

Actuellement, l’institution met la dernière main à son LHC (large hardon collider). Une machine si puissante qu’elle pourrait permettre aux scientifiques d’élargir la compréhension humaine des quatre forces de cohésion de la matière, comme jamais auparavant.

Le LHC devrait entrer en service en 2007. Les scientifiques attendent de lui qu’il sonde profondément la matière afin de découvrir ce qui dans l’univers reste inaccessible à l’œil humain.

swissinfo, Anna Nelson à Genève
(Traduction: Pierre-François Besson)

Le CERN est le plus important laboratoire de physique des particules dans le monde.

L’étude de la physique des particules requiert un équipement si sophistiqué et cher que la plupart des pays européens ne pouvaient s’offrir un CERN individuellement.

Quelque 7000 scientifiques de quatre-vingts pays travaillent dans le monde sur des projets du CERN.

A Genève, le CERN «pèse» 3000 emplois. Il a joué les aimants pour plusieurs sociétés technologiques et de télécommunication, assurent les autorités locales.

– Le CERN est un laboratoire dédié à l’étude des éléments de base de la matière et des forces qui les tiennent ensemble.

– La convention sur laquelle il repose a été signée le 29 septembre 1954 par douze états fondateurs qui voulaient doter l’Europe d’un laboratoire nucléaire et de physique des particules de niveau mondial.

– L’institution a aussi été conçue en vue de rapprocher les nations et de promouvoir la paix à travers la science dans le sillage de la Deuxième guerre mondiale.

– Aujourd’hui, le CERN comprend 20 pays membres et accueille environ la moitié de l’ensemble des physiciens des particules du monde.

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