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Les risques du monde souterrain

En face de l'entrée du Bief-Paroux, cette chute rappelle que la grotte est susceptible à une rapide montée des eaux. Keystone

Les spéléologues de Goumois ont donc été retrouvés vivants. Une chance. Car la configuration des conduits souterrains et les conditions climatiques agressives aggravent toujours les effets d'accidents sous terre.

«En période de crue, la grotte du Bief-Paroux fait office d’exutoire à une source qui se trouve un peu plus bas, explique Marc Lütscher, géologue à l’Institut suisse de spéléologie et karstologie (ISSKA). La grotte est très susceptible à une rapide montée d’eau.»

Du côté de l’ISSKA et de la Société suisse de spéléologie, on estime que l’équipe aurait dû renoncer. «Il faut toujours observer les conditions météo avant le départ. Jeudi, elles n’étaient pas optimales, commente Marc Lütscher. La décision prise par cette équipe peu expérimentée n’était peut-être pas la plus appropriée.»

Ces éléments s’ajoutent aux conditions déjà difficiles de la pratique de la spéléologie. En cas d’accident, la configuration des conduits souterrains (profondeur, exiguïté, éloignement) et les conditions climatiques agressives aggravent les effets.

«La température d’une cavité est de 2 degrés en haute montagne à 10 degrés maximum pour les cavités les plus basses de Suisse, précise le géologue. Le taux d’humidité est très élevé, l’air est à saturation. Ce qui renforce la sensibilité au froid. Mais ces conditions sont connues, on peut donc s’y préparer.»

Tous ces éléments compliquent aussi les opérations de secours, très délicates en milieu souterrain. L’accès aux personnes en détresse est difficile. Il faut en principe compter plusieurs heures pour accéder aux blessés, en fonction de la configuration de la cavité.

A Goumois, le problème venait surtout de la montée d’eau. Dans ces cas-là, il faut de gros moyens techniques pour abaisser le niveau par des pompes ou permettre aux plongeurs d’avancer dans la cavité.

En Suisse, des cas similaires se sont déjà produits. Mais le dernier événement en date, c’était en France: le sauvetage dans le Gouffre des Vitarelles, en novembre 1999.

Sept spéléologues étaient restés bloqués pendant dix jours après une brusque montée des eaux. Ils avaient finalement été retrouvés sains et saufs, après une opération de sauvetage qui avait duré sept jours.

Alexandra Richard

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