Ouverture du forum de Davos: Adolf Ogi rappelle les décideurs économiques à leurs responsabilités
Le Forum économique mondial s’est ouvert ce jeudi à Davos. Avec une idée dans l’air: la mondialisation a besoin d’une conscience sociale. Le président de la Confédération a ainsi rappelé que tout ne pouvait pas se résumer à l’économie.
Le Forum économique mondial s’est ouvert ce jeudi à Davos. Avec une idée dans l’air: la mondialisation a besoin d’une conscience sociale. Le président de la Confédération a ainsi rappelé que tout ne pouvait pas se résumer à l’économie.
Tradition oblige, c’est le président de la Confédération qui a ouvert jeudi soir le rendez-vous annuel du Forum économique mondial. Face à quelque 1200 businessmen, représentants des entreprises les plus puissantes de la planète, Adolf Ogi a tiré la sonnette d’alarme, rappelant que le processus de mondialisation était «la cause d’un mécontentement croissant», en référence notamment aux protestations entendues à Seattle.
C’est le résultat, pour le président de la Confédération, d’un sentiment d’impuissance des populations face au pouvoir d’une économie mondialisée. Première conséquence: l’économie a une «responsabilité continuellement croissante vis-à-vis de la société».
Il faut donc faire attention à ne pas court-circuiter la participation démocratique: «Le progrès global de l’économie doit être défini par la société toute entière», a dit Adolf Ogi. Qui a relevé encore l’importance d’un développement de l’action politique. Une politique «qui doit fixer des règles globales pour le développement économique». C’est la seule manière, pour Adolf Ogi, de définir un ordre qui «n’a pas pour unique fin le profit des actionnaires, mais aussi la liberté et la justice».
Il faut dire que le président suisse n’est pas le seul à tenir ce discours. La nécessité d’encadrer une mondialisation, parfois déstabilisatrice, est dans l’air, ici à Davos. Le Forum, en tant qu’organisation, en fait même désormais sa mission. «Le défi le plus important du 21ème siècle, a souligné Klaus Schwab, son président, c’est de résoudre le paradoxe entre la réalité brutale de l’économie et les valeurs sociales et humaines».
Et l’inventeur de Davos, qui en est à sa 30ème édition, souhaite joindre le geste à la parole. Il annoncé la création d’une sorte de prix Nobel de la globalisation responsable. Il devrait être doté d’un million de dollars et, dès l’année prochaine, récompenser des individus ou des institutions qui représentent le mieux l’esprit d’entreprise, mais avec une dimension sociale.
Pierre Gobet
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