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Santé du Léman: pas de quoi s’alarmer

Le lac Léman ne se porte pas si mal. Keystone

Les barrages suisses sur le Rhône menacent-ils la pureté des eaux du lac Léman? C’est ce que laisse entendre une dépêche de l’agence Reuters qui se réfère à un article du magazine anglais «New Scientist». La réalité semble beaucoup plus nuancée.

Cela ressemble à l’histoire du ruisseau qui se gonfle et se déforme un peu plus à chaque fois qu’il rencontre un autre ruisseau. A la source, deux chercheurs de l’université de Genève. Dans la revue «Aquatic Sciences», ils émettent une hypothèse à partir de leurs observations sur l’impact que les barrages construits au fil du Rhône ont sur les profondeurs du Lac Léman. Dans le «New Scientist», ça devient déjà «un danger pour la Riviera suisse».

Renseignements pris auprès de l’un des deux chercheurs, Jean-Luc Loizeau, ce n’est pas aussi grave que ce que l’on nous dit. «On ne va pas vers la catastrophe», rassure-t-il, et cela n’a en tout cas pas de conséquence immédiate pour les populations riveraines. D’ailleurs, le spécialiste de l’environnement confirme que la qualité de l’eau du Léman ne cesse de s’améliorer d’année en année.

Les barrages qui jalonnent le cours du Rhône ont évidemment des effets sur le débit du fleuve et sur les différents processus qui font la vie du lac, en particulier sur la régulation de l’apport d’oxygène. Les scientifiques estiment qu’il faut au moins 4 ou 5 milligrammes d’oxygène par litre d’eau au fond du lac. C’est d’ailleurs une valeur que la Suisse a inscrite dans sa législation sur la protection des eaux.

C’est un minimum si l’on veut prévenir une eutrophisation du lac. C’est-à-dire un apport exagéré de substances nutritives qui, comme le phosphore, augmentent la production d’algues, lesquelles consomment à leur tour de l’oxygène et entraînent les eaux dans une sorte de cercle vicieux, sans parler des conséquences sur les populations de poisson.

La question que posent les chercheurs n’a pourtant rien de gratuit. Ils rappellent d’abord que l’oxygénation du lac se fait surtout lors d’un grand brassage naturel à la fin de l’hiver, à condition qu’il fasse vraiment froid, ce qui n’a pas été le cas de 1986 à 1999. Que se passera-t-il donc si le climat continue de se réchauffer et que les hivers sont plus doux? Les autres processus d’oxygénation, comme les courants que provoquent les affluents du lac, pourraient alors avoir beaucoup plus d’importance qu’ils n’en ont aujourd’hui. C’est une hypothèse de travail. Ce n’est pas (encore) un signal d’alarme.

Bernard Weissbrodt


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