«Cogneurs de Munich»: la parole aux victimes
Au troisième jour du procès des trois adolescents zurichois, les juges de Munich ont entendu leur principale victime. Cet homme d'affaires du nord de l'Allemagne, a raconté que son visage «a été complètement détruit» par les coups.
Les trois accusés de tentatives d’assassinats et de lésions corporelles graves ont tabassé ce père de famille sans raison dans la rue, comme leurs quatre autres victimes. L’homme âgé de 46 ans n’est pas encore rétabli et ne peut toujours pas travailler.
Suite à l’agression de juin 2009, il a subi de nombreuses opérations. La dernière remonte au mois de janvier. D’autres suivront. L’homme peut à nouveau s’exprimer, mais il doit énormément se concentrer, a expliqué mercredi la porte-parole après l’audience non publique devant la cour des mineurs du tribunal de Munich.
Devant les juges, il a tenu des propos neutres, a-t-elle indiqué. «Il n’a pas agressé les accusés.» L’homme ne se souvient que d’avoir reçu un coup dans la tête. Mais des témoins ont rapporté aux enquêteurs qu’une fois au sol les agresseurs lui ont donné des coups de pied dans la figure.
Les trois chômeurs agressés par les trois adolescents avaient témoigné mardi. Selon la porte-parole, leurs blessures physiques sont soignées mais ils souffrent encore de troubles psychiques. En particulier l’homme handicapé n’ose plus sortir la nuit.
Mardi et mercredi, les accusés ont continué à se taire, bien que le président du tribunal les ait encouragé à dire s’ils ont bien commis les délits qu’on leur reproche. Un aveu peut en effet entraîner une réduction de peine, a-t-il dit.
La porte-parole du tribunal juge le comportement des trois jeunes «très inhabituel». Selon elle, les mineurs font généralement des déclarations devant leurs juges.
Jeudi, le tribunal entendra des camarades de classe des accusés. Puis les audiences doivent se poursuivre le 29 mars et le 6 avril. Elles prendront fin le 7 avril, sous réserve de modification ou d’ajout de dates. Les trois jeunes risquent jusqu’à dix ans de privation de liberté. Ils pourraient purger leur peine en Suisse.
swissinfo.ch et les agences
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