Les économistes s’attendent à une année faible sur le plan économique en Suisse
Le groupe d’experts de la Confédération prévoit une croissance économique de 1% en 2026 alors qu'il tablait encore sur 1,1% en décembre, indique le Secrétariat d’État à l’économie (SECO). L’économie suisse devrait ainsi connaître une croissance inférieure à la moyenne.
L’institut KOF de l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich) prévoit lui aussi une croissance de 1%, mais uniquement si les prix du pétrole baissent à nouveau prochainement. Si le prix du pétrole devait rester durablement à son niveau actuel, la croissance ne serait que de 0,7% en 2026. Pour 2027, les prévisions s’élèvent à 1,7% et 1,5% en cas de prix élevés du pétrole.
Le prix du pétrole a également un impact important sur l’inflation: s’il reste élevé, celle-ci atteindrait selon le KOF 0,6% en 2026 et 0,8% en 2027. En cas de baisse, elle ne serait respectivement que de 0,3% et 0,6%.
Plus
Pétrole et gaz en Suisse, l’approvisionnement reste sûr malgré la guerre
La consommation privée est un soutien
Indépendamment du prix du pétrole et de la guerre en Iran, l’économie mondiale ne croît actuellement que modérément, ce qui explique les prévisions déjà pessimistes pour 2026. Mais des signes d’amélioration apparaissent dans la zone euro, en particulier en Allemagne, ce qui se reflète dans les prévisions plus élevées pour 2027.
«La Suisse est moins vulnérable»
L’analyse de Jan Baumann, journaliste économique à la SRF
Malgré le conflit au Moyen-Orient, la Suisse devrait échapper à une crise économique d’après les prévisions de la Confédération et du KOF. L’économie suisse bénéficie du fait qu’elle est moins sensible aux augmentations des prix du pétrole et du gaz au niveau international.
Comparée à l’étranger, son industrie est en effet moins intensive en énergie et le secteur des services (finance, commerce, informatique, tourisme, etc.) y occupe une place plus importante. À cela s’ajoute la force du franc, qui rend les achats à l’étranger moins chers pour les entreprises et les consommateurs, freinant l’inflation.
Des risques subsistent toutefois. Le conflit douanier avec les États-Unis pourrait reprendre, par exemple. Dans ce cas, la Suisse serait à l’inverse particulièrement exposée avec son économie fortement orientée vers les exportations.
La consommation privée continue de jouer un rôle important. Elle s’est récemment montrée robuste. Selon les économistes du KOF, cette situation devrait se maintenir – malgré un marché du travail faible – grâce à une inflation faible et une croissance stable des salaires. Le taux de chômage devrait encore légèrement augmenter jusqu’à la mi-2026, puis diminuer quelque peu.
Les plans d’économies de la Confédération et la faiblesse des investissements des entreprises constituent en revanche un frein à la conjoncture. Les entreprises investissent peu en raison de la faiblesse de leurs bénéfices et des incertitudes en matière de politique économique.
L’allègement récent des droits de douane fixés par les États-Unis améliore certes le contexte pour certaines branches industrielles, mais cela est en partie compensé par l’augmentation des incertitudes géopolitiques.
Plus
En matière de commerce mondial, les règles gardent tout leur sens pour des pays comme la Suisse
La pression des États-Unis constitue un risque
De manière générale, les doutes pesant sur les prévisions restent importants et vont «majoritairement» dans le sens d’une baisse, reconnaissent les économistes du KOF. La pression du gouvernement américain pour réduire les prix des produits pharmaceutiques, en particulier, pourrait peser fortement sur l’industrie pharmaceutique suisse.
En outre, on ignore encore si les investissements promis par les entreprises suisses aux États-Unis entraîneront des délocalisations et freineront davantage les investissements en Suisse.
La guerre en Iran comporte également des risques, liés non seulement aux prix du pétrole et du gaz, mais aussi à de possibles perturbations des chaînes d’approvisionnement. Selon les spécialistes, une nouvelle appréciation du franc liée à la crise pourrait par ailleurs affaiblir davantage l’économie d’exportation suisse.
Plus
Notre newsletter sur la politique extérieure de la Suisse
Traduction de l’allemand à l’aide d’un outil de traduction automatique/ptur
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.